Nouvelle Calédonie
  • ALP | Crée le 12.04.2019 à 04h25 | Mis à jour le 12.04.2019 à 07h13
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    Parmi les intervenants, le créateur des Yamakazi, Yann Hnautra, de père calédonien, est venu rappeler l’importance des actions menées en faveur des jeunes. Il devrait bientôt se rendre en Calédonie. Photo ALP
    ENVIRONNEMENT. Ce plan, issu des travaux du Livre Bleu, encadrera désormais la mise en œuvre des politiques publiques en outre-mer en plaçant au centre de l’action le développement durable.

    C’est en grande pompe qu’a été lancée lundi soir, à Paris, la stratégie « 5.0 » pour les territoires d’Outre-mer. C’est en effet au premier étage de la tour Eiffel qu’Annick Girardin avait choisi de dévoiler cette feuille de route, issue des conclusions du Livre Bleu dont la rédaction avait occupé son début d’exercice, et qui constituera désormais le cadre définissant l’application des politiques publiques dans les territoires ultramarins.

    « 5.0 » donc, comme « zéro Carbone, zéro déchet, zéro polluant agricole, zéro exclusion et zéro vulnérabilité ». Ces cinq thématiques sonnent pour la ministre des Outre-mer « comme une évidence » à l’heure où les outremer sont en première ligne face aux défis environnementaux. « Il n’est pas trop tard, a rappelé Annick Girardin, et il ne faut surtout pas se résigner à l’apathie ambiante. » La stratégie « 5.0 » se déclinera donc désormais à travers des objectifs identifiés. Un « zéro carbone » qui guidera les choix liés à la fois à la réduction des gaz à effet de serre et à la recherche du meilleur mix énergétique pour les territoires, et que la Calédonie devra prendre à bras-le-corps alors qu’elle s’apprête à accueillir une centrale à gaz à Doniambo. Un « zéro déchet » qui encadrera la gestion de cet épineux dossier en favorisant des pratiques telles que l’économie circulaire. Même philosophie pour le « zéro polluant agricole », qui demandera sans doute, outre des moyens techniques et financiers, une grosse évolution des mentalités. Enfin, comme l’a rappelé le président Emmanuel Macron dans une allocution enregistrée, la Trajectoire Outre-mer 5.0 devra s’attacher à lutter contre l’exclusion et la vulnérabilité des hommes et des territoires : « Il est impératif, a-t-il rappelé, de mieux éduquer, de renforcer notre présence en matière de santé et d’améliorer notre réponse économique » aux défis posés par les outre-mer.

    20 millions pour les loyauté

    Concrètement, le plan Trajectoire 5.0 dispose déjà de plusieurs outils. En premier lieu, un fonds exceptionnel d’investissement de 110 millions d’euros par an (13 milliards de francs) destiné à soutenir les projets portés ou accompagnés par les collectivités territoriales. Aux Loyauté, au chapitre « zéro carbone », cela se traduit déjà par un effort de 165 000 € (19,7 millions de francs) en faveur du développement du photovoltaïque, tandis que Wallis et Futuna est aidée à hauteur de 600 000 € (71 millions de francs) pour valoriser ses déchets organiques dans le cadre du « zéro déchet. » Un investissement humain est également consenti, avec un plan de formation piloté par l’Agence Française de Développement (AFD) qui concernera dès 2020 des promotions de 25 talents repérés dans les différents territoires. Les PME ne sont pas oubliées, avec une enveloppe de 6 millions d’euros (715 millions de francs) qui permettra d’aider financièrement les entreprises qui choisiront de s’inscrire résolument dans l’un des cinq objectifs « Zéro ». Une enveloppe de 3 millions (357 millions de francs) accompagnera de la même manière les associations œuvrant à l’objectif « zéro exclusion ». Outil privilégié des microprojets, l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Economique) bénéficiera également d’un coup de pouce du ministère, de l‘ordre de 1,8 million d’euros (214 millions de francs).


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    Plus d’informations sur Twitter : #Trajectoireoutremer 5.0

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