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    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 19.02.2026 à 14h14 | Mis à jour le 19.02.2026 à 14h14
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    Le Petit Prince de Saint-Exupéry a été traduit en paicî et en iaai. Les deux ouvrages seront officiellement présentés en mars. Une version en drehu est attendue prochainement. Photo Julien Mazzoni
    Ateliers, conférence et chorales rythmeront, le samedi 21 février, la Journée internationale des langues maternelles organisée conjointement par l’Académie des langues kanak et le centre culturel Tjibaou.

    "Il n’y a pas de langue sans culture, ni de culture sans langue." C’est par ces mots que Weniko Ihage, directeur du centre culturel Tjibaou et de l’Académie des langues kanak, a introduit ce jeudi 19 février la présentation de la Journée internationale des langues maternelles, qui sera relayée, samedi, dans l’enceinte du centre.

    Un rendez-vous organisé dans un cadre désormais unifié, depuis le rapprochement des deux établissements culturels décidé par le gouvernement.

    "Diversité exceptionnelle"

    Instituée par l’Unesco, cette journée trouve son origine dans un événement survenu au Bangladesh, où des étudiants ont été tués alors qu’ils défendaient l’usage de leur langue maternelle. En Nouvelle-Calédonie, elle s’inscrit dans un contexte de forte diversité linguistique. Weniko Ihage rappelle "une diversité exceptionnelle", citant "vingt-huit langues, onze dialectes et un tayo", le créole de Saint-Louis.


    Weniko Ihage, directeur du centre culturel Tjibaou et de l’Académie des langues kanak, et Marcel Unë, chef de cabinet de Mickaël Forrest, membre du gouvernement en charge de la culture. Photo Julien Mazzoni

    Sans nier la menace qui plane sur certaines langues fragilisées, le directeur par intérim préfère insister sur l’enjeu de la transmission. "Si on veut que ces langues ne disparaissent pas complètement, il faut continuer ce travail de transmission", explique-t-il, citant notamment le sîchëë, langue parlée dans la région de Bourail-Moindou "pour laquelle il n’y a plus que dix-neuf locuteurs", selon le recensement de 2016. L’Académie des langues kanak et le centre culturel Tjibaou mènent, ajoute-t-il, un travail de recherche, d’archivage et de publication afin de préserver ce patrimoine linguistique.

    "Une partie vivante de la culture"

    Le thème retenu cette année, "Folklore et construction", entend interroger les représentations que l’on se fait des langues. "Certaines communautés considèrent cela comme du folklore. Chez nous, c’est une partie vivante de la culture", souligne Weniko Ihage. L’après-midi sera ainsi largement consacré aux chorales, présentées comme des formes d’expression culturelle porteuses d’histoire et de mémoire, et non comme un simple divertissement.

    Au-delà des langues kanak, les organisateurs revendiquent une ouverture sur les autres communautés présentes en Nouvelle-Calédonie. Wallisiens et Futuniens, Polynésiens, Antillais ou encore Vietnamiens sont cités, dans une volonté affichée de dialogue et de compréhension mutuelle. "Il faut construire plus de ponts que de murs", martèle le directeur, rappelant la vocation du centre culturel Tjibaou à être un lieu ouvert aux différentes formes d’expression culturelle.

    Précieux héritage

    Interrogé sur l’importance de l’enseignement des langues auprès des enfants, Weniko Ihage rappelle que la compétence relève à la fois des provinces pour le premier degré et du gouvernement pour le second. Il met en avant les outils développés par l’Académie, notamment la traduction du Petit Prince, de Saint-Exupéry, dans plusieurs langues kanak, comme supports pédagogiques. Le classique de Saint-Exupéry vient d’être édité en paicî et en iaai. Il sera décliné prochainement en drehu. "Maîtriser sa langue maternelle facilite aussi l’apprentissage d’autres langues, comme le français", souligne-t-il, encouragent surtout les parents à transmettre ce précieux héritage.

    L’événement sera gratuit ouvert à tous les publics et à toutes les langues.

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