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    Nouvelle Calédonie
  • Gilles Caprais / gilles.caprais@lnc.nc | Crée le 26.04.2018 à 04h25 | Mis à jour le 26.04.2018 à 10h34
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    À la clinique Magnin, à la Vallée-des-Colons, le personnel soignant gréviste s’affichait aux abords de l’établissement, hier matin. Le collectif Île Nou Magnin fait état d’un fort taux de suivi de la grève. Photos Thierry Perron
    SANTÉ. Les établissements de la Baie-des-Citrons, de l’Anse-Vata et de la Vallée-des-Colons n’admettent plus de patients jusqu’à nouvel ordre. À l’hôpital public, plus de travail que d’habitude, hier, mais « rien de dramatique ».

    Les trois cliniques de Nouméa (Magnin, Anse-Vata et Baie-des-Citrons) sont entrées en grève hier à 7 heures, conformément aux intentions affichées la veille par le collectif syndical Île Nou Magnin*. Le travail n’a pas complètement cessé, loin de là, puisque les hospitalisations en cours se poursuivent de façon normale. Mais les services, tous sans exception, n’acceptent plus aucune admission. Les opérations chirurgicales prévues hier, aujourd’hui et vendredi ont été déprogrammées. Les urgences et les accouchements ne sont pas assurés, les patients sont systématiquement renvoyés vers le Médipôle.

    Au sein du personnel qui n’est pas affecté aux hospitalisations en cours, la grève a été suivie à 100 % chez les médecins et à 85 % dans les autres professions, a annoncé hier soir Alain Tardivon, porte-parole du collectif.

    Et puisqu’« aucune avancée sur le cahier de revendications n’a été obtenue » lors de la réunion de mardi soir avec Philippe Germain et Valentine Eurisouké, la grève « illimitée » n’est pas levée.

     

    « Aucune » réponse aux revendications

    « Le gouvernement n’a pas nié la différence de traitement financier entre le secteur privé et le secteur public qui dure depuis quatre ans et qui nous conduit aujourd’hui au bord du gouffre », dit le collectif Île Nou Magnin dans un communiqué publié hier après-midi. « Cependant, il ne propose aucune piste de discussion qui puisse répondre à notre cahier de revendications, ni dans l’immédiat ni à court terme. »

    Le collectif se plaint de trois années de stagnation du tarif des actes médicaux. Il réclame une augmentation immédiate de 6 %, puis des hausses annuelles de 2 % à partir de 2019. Sans ces revalorisations, le projet de regroupement des trois cliniques à Nouville est en danger, estime-t-il. Pour honorer le loyer de 1,1 milliard de francs par an, l’exploitant de la polyclinique, Île Nou Magnin, comptait sur une augmentation de son chiffre d’affaires de 4 % par an.

    Les discussions avec le gouvernement se poursuivront dans les prochains jours. Hier soir, la date de la prochaine rencontre n’était pas déterminée.

     

    Au Médipôle, « rien de dramatique »

    L’arrêt des admissions dans les trois cliniques pouvait laisser craindre un engorgement au Médipôle, en particulier aux urgences et en maternité.

    « C’est une grosse journée, disait Dominique Cheveau, directeur du Médipôle, hier à 19 heures. On a reçu 86 personnes aux urgences, une quarantaine en pédiatrie. On devrait donc dépasser les 140 patients dans la journée, ce qui est la norme. » « Une grosse journée », donc, mais « rien de dramatique ». « Nous disposons des capacités pour absorber le surplus de patients ». Ce surplus pourrait diminuer légèrement aujourd’hui : le Médipôle n’aura peut-être pas à effectuer les chimiothérapies. Le personnel des cliniques est sommé de reprendre le travail.

    * Représentants du personnel et des médecins, Soenc Santé, SFAO Santé-social, Cogetra

     

    Chimiothérapie : les soignants réquisitionnés

    La Direction des affaires sanitaires et sociales a « réquisitionné » les médecins et les infirmiers des services d’oncologie, a affirmé hier soir le collectif Île Nou Magnin. Pour la direction du Médipôle, la capacité d’accueil de ce dernier n’est pas en cause, le bien-être des patients est la motivation de la décision.

    En milieu d’après-midi, le collectif Île Nou Magnin s’attendait à une réquisition du personnel affecté aux chimiothérapies. La direction des affaires sanitaires et sociales de la Nouvelle-Calédonie (Dass) a en effet les moyens de forcer légalement les soignants à tenir leur poste lorsque la situation l’exige.

    Et justement, dans les rangs du collectif, certains supposent que le Médipôle va probablement éprouver des difficultés à accueillir la vingtaine de patients qui doivent suivre leur traitement. Au service d’oncologie de l’hôpital de Koutio, l’ambiance est effectivement « quelque peu tendue », selon un patient. Pour Dominique Cheveau, directeur du Médipôle, la capacité d’accueil de l’établissement n’est pas en cause. « Nous avons les moyens de recevoir les patients et les médicaments nécessaires, mais la chimiothérapie est un acte très particulier, il est toujours préférable que les patients soient reçus par le médecin qui les suit habituellement », explique-t-il.

    En début de soirée, la direction du Médipôle et le collectif ont indiqué que la réquisition avait effectivement été prononcée. Il était toutefois difficile d’affirmer que les chimiothérapies pourraient être pratiquées dans les cliniques dès ce matin, puisque tous les soignants n’avaient pas reçu la notification, qui est « personnelle ».

    Le collectif conseille aux patients de téléphoner à leur clinique afin de s’assurer que la reprise du service est effective.

     

    85 %

    du chiffre d’affaires

    des cliniques provient d’actes médicaux remboursés par la Cafat, affirme le collectif Île Nou Magnin.

     

    Repères

    Un médiateur va s’interposer

    La réunion de mardi soir, qui a rassemblé les représentants du gouvernement (Valentine Eurisouké et Philippe Germain) et ceux du collectif Île Nou Magnin a accouché d’une décision.

    Un « expert-médiateur » va être désigné.

    « Sa mission sera, sur la base des éléments comptables et financiers qui lui auront été fournis par la clinique, de cerner et de définir les efforts financiers à consentir par les uns et par les autres, les promoteurs, les exploitants, les praticiens, avant de solliciter le concours de la Cafat et du Ruamm », indique le gouvernement.

    Le collectif explique qu’il a accepté cette proposition « sous réserve qu’elle ne retarde pas les discussions et qu’elle ne soit pas une manœuvre dilatoire. »

     

    Le gouvernement « en rien responsable »

    Dans un communiqué diffusé hier soir, l’exécutif « rappelle qu’il n’est en rien responsable de la situation actuelle, mais il réaffirme sa volonté de trouver une solution aux difficultés de la clinique pour la préservation du système de santé des Calédoniens et celle des emplois ».

    Par ailleurs le gouvernement « tient à préciser que dans ce dossier, les éléments de polémique n’ont pas droit de cité ».

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