Nouvelle Calédonie
  • | Crée le 31.10.2018 à 04h25 | Mis à jour le 31.10.2018 à 06h54
    Imprimer
    En Calédonie, comme en France, le don d’organes repose sur le consentement présumé : toute personne est donneuse après son décès, sauf si elle a exprimé un refus de son vivant. Photo DR

    SANTÉ. Après plusieurs années de hausse régulière, l’Agence de la biomédecine déplore une baisse des prélèvements d’organes en vue d’une greffe depuis le début de l’année, compromettant l’objectif de 7 800 greffes en 2021 en France.

    Le nombre annuel de donneurs décédés prélevés affiche une nette baisse sur les premiers mois, et la prévision annuelle à août s’établit à seulement 1 882 donneurs, contre 1 930 attendus, après les bons chiffres de 2017 et « presque dix ans de hausse continue », relève le professeur Olivier Bastien, responsable du prélèvement et des greffes à l’agence.

    « C’est inquiétant, quarante donneurs qui manquent, cela peut faire cent cinquante greffes en moins », plusieurs organes pouvant être prélevés chez chaque donneur, observe-t-il.

    « Baromètre des tensions dans les hôpitaux »

    Ce trou d’air est « peut-être lié à l’épisode grippal qui a mobilisé l’hôpital en début d’année, mais le système de santé doit être capable d’absorber ce type d’évènements sans se gripper », souligne-t-il. « Les prélèvements d’organes sont peut-être un baromètre des tensions dans l’organisation des hôpitaux. Nous avons alerté les pouvoirs publics, assure-t-il. Ce qui m’inquiète, c’est le sort des patients en attente. » En 2017, 23 828 patients ont été en attente d’un organe. Un recul des prélèvements en 2018 compromettrait l’objectif de 7 800 greffes d’organes en 2021, dont 1 000 à partir d’un donneur vivant.

    L’année 2017 avait marqué une étape encourageante, en passant pour la première fois le cap des 6 000 greffes, dont les deux tiers pour le rein, mais « on constate en 2018, pour la première fois depuis de nombreuses années, une baisse sensible, dans certaines régions, du prélèvement, alors même qu’il n’existe pas d’augmentation du taux de refus », souligne l’agence.

  • DANS LA MÊME RUBRIQUE
  • VOS RÉACTIONS