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    Nouvelle Calédonie
  • Anne-Claire Pophillat | Crée le 18.07.2026 à 17h20 | Mis à jour le 18.07.2026 à 18h02
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    Alors que le virus de la grippe aviaire H5 a atteint l’Australie, jusqu’ici préservée, le Sivap, service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire, renforce sa surveillance. Photo d’illustration Archives LNC / Gaizka Iroz / AFP
    Alors que des cas de grippe aviaire ont atteint l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le virus ayant été détecté chez des oiseaux sauvages, la Nouvelle-Calédonie renforce sa vigilance et rappelle les bons comportements à adopter, notamment le signalement d’oiseaux malades ou morts, le territoire étant encore indemne de la maladie. Explications.

    Jusqu’à ce jour, la Nouvelle-Calédonie n’a jamais connu de crise de grippe aviaire, la maladie contagieuse – qui touche en particulier les oiseaux sauvages et les volailles domestiques – n’ayant pour l’instant pas encore atteint les côtes de l’archipel. Mais, cela pourrait changer. En effet, le virus H5 a récemment été détecté chez des oiseaux marins en Australie et en Nouvelle-Zélande. L’Océanie, qui était jusqu’à présent le seul continent épargné, ne l’est donc plus, ce qui oblige le territoire à renforcer sa vigilance. "C’est la première introduction de ce variant dans le Pacifique Sud", note Stéphanie Sourget, vétérinaire au Sivap, service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire.

    Si "le risque est évalué depuis longtemps" par le pays, et qu’un plan d’intervention est en place, il n’en est pas moins réel. "Le virus peut arriver en Nouvelle-Calédonie", confirme Stéphanie Sourget. Et comme chez nos voisins, les oiseaux migrateurs, qui représentent un risque de propagation, doivent être particulièrement surveillés. Les services sont de toute façon "tout le temps en alerte sur les maladies transfrontalières, témoigne Stéphanie Sourget, nous recevons des informations d’Australie et de la Nouvelle-Zélande tous les jours".

    "On paierait une forte mortalité en cas d’introduction du virus"

    Alors afin de prévenir l’entrée du virus sur le Caillou – ce fut déjà le cas en début d’année dernière -, le gouvernement appelle la population, notamment les éleveurs, à la vigilance, afin d’éviter toute épidémie qui pourrait "décimer les élevages de volailles et menacer l’approvisionnement local en œufs et en viande", note le Sivap, puis affecter l’ensemble de la filière avicole. Car du fait que l’archipel soit indemne, "on paierait une forte mortalité en cas d’introduction du virus", signale Stéphanie Sourget. La grippe aviaire représente également un danger pour la biodiversité. "Une contamination massive pourrait perturber les écosystèmes et menacer certaines espèces locales, avec des répercussions sur l’environnement et la biodiversité de l’île."

    La crainte est que le virus se transmette à d’autres espèces, comme aux États-Unis. "Ce variant y sévit, l’infection a touché des mammifères, notamment des vaches laitières." Mais aussi à l’homme. Le premier cas de grippe aviaire H5 chez un être humain a d’ailleurs été détecté en 2025 aux États-Unis. Il peut provoquer fièvre, fatigue, courbatures, mal de gorge, difficultés respiratoires. Mais il représenterait peu de danger, car il n’y a pas de cas de transmission interhumaine, selon l’Organisation mondiale de la santé. "Aucun être humain ne transmet aujourd’hui la grippe aviaire à un autre être humain."

    Concernant la transmission, elle ne se fait pas en ingérant la viande cuite. "La contamination se fait par voie aérienne, par le contact, explique Stéphanie Sourget. Le fait de consommer de la volaille et des œufs cuits ne représente aucun risque", assure la vétérinaire.


    Les bons gestes à adopter dans le cadre de la vigilance face à la grippe aviaire. Illustration Gouvernement NC

    Déclarer ses animaux

    Au vu du contexte, une vigilance accrue est recommandée, afin de détecter rapidement la propagation du virus. "Il ne faut pas toucher les oiseaux malades ou morts et prévenir la Davar", la direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales. En cas de contact nécessaire, utiliser des gants jetables ou un sac plastique, porter un masque ou un foulard pour ne rien inhaler, puis se laver les mains, changer de vêtements et ne pas toucher d’autres oiseaux. Les éleveurs doivent surveiller les élevages, mettre en place des mesures de biosécurité, limiter les importations à risque, signaler toute suspicion au Sivap, toute mortalité anormale d’oiseaux domestiques ou sauvages.

    Il est également important de déclarer son élevage ou la détention de volailles ou d’oiseaux, que l’on soit éleveur professionnel ou particulier, via un formulaire en ligne disponible sur le site davar.gouv.nc. "En étant au courant de toutes les détentions d’oiseaux, poules dans les jardins, etc., on peut ainsi informer en cas d’apparition d’une épidémie, et agir plus rapidement", indique Stéphanie Sourget.


    Les éleveurs de volaille doivent également s’adapter. Illustration Gouvernement NC

    Dans le cadre de la surveillance de la grippe aviaire, le Sivap travaille avec des partenaires, dont la SCO, Société calédonienne d’ornithologie, mais aussi les vétérinaires et les gardes nature. Et communique les bons gestes à adopter, notamment sur son site Internet, via une vidéo

    Note

    Contact du Sivap ou de la Davar : par téléphone au 92 48 07, ou par mail à davar.sivap-sa@gouv.nc

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