- Baptiste Gouret | Crée le 11.03.2026 à 05h00 | Mis à jour le 11.03.2026 à 05h00ImprimerLes représentants des onze organisations syndicales et patronales ont réuni la presse, ce mardi 10 mars, pour dénoncer la réforme de l’aide au logement, qui prévoit un doublement de la participation financière du FSH, contre l’avis des partenaires sociaux. Photo Baptiste GouretLe doublement de la participation du FSH au financement de l’aide au logement, prévu par une réforme adoptée le 23 décembre au Congrès, continue de provoquer la colère des organisations syndicales et patronales, unanimement opposées à la mesure. L’intransigeance du gouvernement traduit, à leurs yeux, une "rupture de confiance" et un mépris du paritarisme.
Une scène relativement rare s’est jouée, mardi 10 mars, au dernier étage du nouveau siège du Fonds social de l’habitat (FSH), à Koutio. Les représentants des onze organisations syndicales et patronales représentatives de Nouvelle-Calédonie (lire plus loin) réunis pour porter un combat commun. Les partenaires sociaux ont en effet convié la presse pour redire leur opposition unanime à la réforme de l’aide au logement, portée par le gouvernement et adoptée au Congrès le 23 décembre.
Au cœur du conflit : un amendement déposé en séance par Philippe Dunoyer et Vaimu’a Muliava (intergroupe Éveil océanien-Calédonien ensemble) afin d’augmenter, pour les années 2026,2027 et 2028, la participation du FSH au financement de l’aide au logement, à travers le doublement de la part prélevé sur le "2 % FSH". En se basant sur ce qui a été versé en 2025, la participation du Fonds à l’aide au logement passerait ainsi de 500 millions à un milliard de francs par an (sur les 3,5 milliards que coûte l’aide au logement).
Le gouvernement accusé de "propos mensongers"
La mesure avait été présentée comme le seul levier disponible pour garantir le maintien de l’aide au logement, que le gouvernement ne parvient plus à financer. Inacceptable, pour les syndicats, qui ont rappelé dès le mois de janvier que le "2 % FSH", un fonds créé en 1964 au terme d’un conflit social survenu à la SLN, était une contribution "de nature strictement privée", prélevée directement sur les salaires. Pas question, dès lors, de sacrifier les missions du FSH, notamment sa politique d’accession à la propriété, pour assurer la survie d’un dispositif créé par la puissance publique.
Les partenaires sociaux ont adressé un premier courrier à la présidente du Congrès, Veylma Falaeo, le 22 janvier pour tenter de parvenir à une solution plus consensuelle. La proposition des syndicats, formulée lors d’une réunion le 17 février : l’engagement du FSH à "accompagner le financement de l’aide au logement" en 2025 et 2026, additionné à une clause de revoyure pour 2027. "Nous sommes prêts à aider et à jouer la solidarité comme nous l’avons toujours fait, mais pas en touchant au '2 % FSH', indique Alexis Falematagia, secrétaire général adjoint de l’Usoenc. C’est un patrimoine des salariés du privé, pour nous c’est important de le protéger."
Mais l’option portée par les centrales syndicales a été balayée d’un revers de main par les groupes du Congrès, leur a annoncé le gouvernement le 26 février. "Sauf que c’est faux", croit savoir Franck Hnaissilin, secrétaire général adjoint de la Fédé, qui affirme que "les élus n’ont jamais eu notre proposition sous les yeux". Il accuse ainsi le membre du gouvernement en charge du logement, Petelo Sao, de "propos mensongers". "C’est inacceptable, on ne peut pas tolérer un tel comportement de la part de nos élus." Contacté, le gouvernement n’a pas répondu à nos sollicitations.
Menace de mouvement social
Au-delà des questions financières, les syndicats reprochent surtout à l’exécutif sa méthode. "Nos élus sont en train de détruire le dialogue social", estime Christophe Coulson, secrétaire général de la CFE-CGC. Les représentants syndicaux y voient également la tentative du gouvernement de "tuer le paritarisme", un fonctionnement qu’ils jugent pourtant garant d’une stabilité financière. "Les élus ruinent les négociations", abonde Olivier Cardi, déplorant que des conseillers du Congrès soient parvenus à briser l’équilibre d’un texte par le dépôt d’un simple amendement. "Il va falloir réfléchir à cette façon de faire, de plus en plus utilisée, et qui casse la confiance entre les partenaires sociaux et les élus." Ce conflit pourrait avoir des répercussions plus larges. "On pensait avoir été entendus lorsque nous alertions sur l’importance d’associer désormais le monde économique et social aux décisions, ce n’est apparemment pas le cas", regrette Sonia Critg, de la CPME.
"On ne sait pas ce qu’on représente aujourd’hui aux yeux de nos élus, lâche Christophe Coulson. Ils se moquent de nous, mais on attend une réaction de leur part, car si on ne veut pas nous entendre autour d’une table, on nous entendra ailleurs", prévient-il. Un nouveau courrier a été envoyé à la présidente du Congrès, le 6 mars, exigeant un énième rendez-vous avec les élus et le rétablissement d’un "dialogue loyal, transparent et conforme aux règles qui s’imposent à tous". En cas de nouvel échec des négociations, les partenaires sociaux annoncent leur intention de déclencher un mouvement social.
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