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  • Radio 1 Tahiti | Crée le 08.07.2026 à 14h31 | Mis à jour le 08.07.2026 à 14h31
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    L’Assemblée de Polynésie reconnaît une part de responsabilité dans la création du Centre d’expérimentation du Pacifique, en 1966, structure ayant mené les essais nucléaires jusqu’en 1996. Photo Radio 1 Tahiti
    Soixante ans après Aldébaran (premier tir nucléaire en Polynésie le 2 juillet 1966, NDLR), l’Assemblée de la Polynésie a reconnu, dans une résolution, sa responsabilité, et présenté ses excuses aux Polynésiens pour son rôle dans l’implantation du Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP), en raison de l’adoption, en 1964, d’une délibération cédant à l’État les atolls de Moruroa et Fangataufa, rapporte notre partenaire Radio 1 Tahiti.

    "Historique", mais un brin désordonnée, l’adoption, lundi 6 juillet, d’une résolution de l’assemblée sur le nucléaire, qui avait pourtant de quoi rassembler tous les groupes de l’institution législative. Le texte revient sur l’histoire politique des essais atomiques. Et sur une date en particulier : le 6 février 1964, quand la commission permanente de l’assemblée territoriale adopte une délibération cédant à l’État les atolls de Moruroa et Fangataufa pour les besoins du Centre d’expérimentation du Pacifique.

    Aux termes du texte, l’Assemblée de la Polynésie française, en tant qu'"héritière directe" de cet organe aux pouvoirs beaucoup moins étendus qu’aujourd’hui, "reconnaît sa responsabilité politique" dans ce processus. Et "présente une demande solennelle de pardon à l’ensemble du peuple polynésien, aux générations passées, aux victimes décédées des maladies radio-induites causées par l’exposition aux retombées des explosions nucléaires atmosphériques et souterraines, à leurs familles et à leurs descendants, y compris aux générations futures qui pourraient encore être affectées par les conséquences environnementales et sanitaires à long terme de ces expérimentations nucléaires".

    L’État français porte une "responsabilité pleine et entière"

    Deux articles, donc, et beaucoup de débats. Car si les groupes accueillent tous cette idée de pardon, chacun veut y apporter ses nuances. Côté Tapura, Tepuaraurii Teriitahi rappelle que l’histoire n’a pas été "toute blanche ou toute noire", et qu’à côté des conséquences sanitaires, sociétales et environnementales "négatives" des tirs, le CEP a accéléré le développement de la Polynésie. C’est toutefois pour "tourner la page", "avancer", "sans oublier quoi que ce soit", et "faire preuve d’humilité face à la population", que le parti autonomiste, comme les élus non inscrits, a décidé de voter le texte.

    Le gros des discussions opposera, comme souvent ces derniers temps, le Tavini à A fano tia, dont le président Tematai Le Gayic a formulé plusieurs propositions d’amendements. Il s’agit de compléter la résolution pour faire référence à la plainte pour crime contre l’humanité d’Oscar Temaru, pour évoquer la "reconnaissance" de François Hollande en 2016, ou la "dette" d’Emmanuel Macron en 2021, marche inachevée vers une demande de pardon national. Mais surtout, afin de faire en sorte que cette prise de responsabilité de l’Assemblée de la Polynésie "ne transfère et n’éteigne en rien la responsabilité pleine et entière de l’État français, seul décisionnaire, seul financeur, seul exécutant de ce programme et seul débiteur d’une réparation intégrale envers notre peuple".

    Pressions du général de Gaulle

    Une idée à laquelle s’est opposé Tony Géros, descendu de son perchoir pour défendre son texte, dont l’exposé des motifs de la résolution précise bien que la délibération de 1964, prise en catimini par trois voix contre deux, fait suite à d’importantes pressions de l’État, et notamment du général de Gaulle, qui a brandi aux élus locaux la menace d’un "gouvernement militaire".

    Insuffisant pour le chef du groupe bleu foncé, qui s’étonne que Tony Géros considère, dans les débats, que "la première décision qui fait que les essais nucléaires ont eu lieu dans notre pays vient d’ici". "Il ne faut pas réécrire l’histoire", lance l’ex-député. Rappelant les différents actes et manœuvres, côté État, qui ont abouti à la délibération de 1964, il craint que l’État n’en profite "pour se dédouaner de sa responsabilité, et demain nous dise : votre responsabilité commence là où la vôtre s’arrête", alors même que les élus parisiens semblent être prêts à avancer dans la reconnaissance du fait nucléaire.

    La proposition de résolution a finalement été adoptée par une quarantaine de voix Tavini, Tapura et non inscrites.

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