Pacifique
  • | Crée le 01.07.2017 à 04h25 | Mis à jour le 03.07.2017 à 16h51
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    Le très conservateur Australien est l\'une des voix les plus critiques du pape sur des sujetssociétaux. Mais il aurait joué un rôle clef lors du conclave pour faire élire l\'Argentin. Photo AFP
    Australie. Le numéro trois du Vatican, inculpé jeudi, a annoncé son intention de rentrer sur l’île-continent pour se défendre. Une affaire embarrassante pour le Saint-Siège.

    «Je suis innocent, ces accusations sont fausses », a martelé l’argentier du Saint-Siège dans une courte déclaration lue jeudi matin devant la presse au Vatican. « L’idée même d’abus sexuel m’est odieuse », a-t-il déclaré, en dénonçant une entreprise « sans relâche de démolition de (son) image » durant l’enquête. « J’ai toujours été complètement cohérent et clair dans mon rejet total de ces allégations », a insisté le cardinal. « J’ai hâte d’avoir enfin l’occasion d’aller devant un tribunal », a dit George Pell, en annonçant prendre un congé provisoire du Vatican. Il a consulté ses avocats et son médecin pour fixer la date de son retour en Australie, où il a été convoqué par le tribunal de première instance de Melbourne (sud-est) le 18 juillet. « La procédure de justice m’offre désormais l’occasion de blanchir mon nom et de revenir ici à Rome pour travailler », a-t-il conclu.

    Le Saint-Siège a, pour sa part, accepté « le congé » du prélat sans exiger sa démission, dans un communiqué particulièrement élogieux, soulignant « l’honnêteté » et « le dévouement énergique » du cardinal en charge depuis trois ans de réformer la gestion des affaires économiques au sein de la Curie (gouvernement du Saint-Siège).

    Plus haut représentant de l’Eglise catholique en Australie, le prélat de 76 ans est le ministre de l’Economie du Vatican. Il est donc le plus éminent ecclésiastique mis en cause dans une affaire de ce type. Il avait été interrogé à Rome par la police australienne en octobre.

    4 444 faits de pédophilie

    « La police (de l’Etat) du Victoria a inculpé George Pell pour des délits d’agressions sexuelles anciennes, a déclaré à la presse le commissaire adjoint Shane Patton. Il y a de nombreux plaignants liés à ces accusations. »

    L’avocat de deux hommes qui ont porté plainte contre Mgr Pell a affirmé que ses deux clients, qui souhaitent conserver l’anonymat, étaient « ravis ». « Cela a été très dur pour eux d’oser sortir du rang, a déclaré Ingrid Irwin au Melbourne Herald Sun. Accuser quelqu’un qui pour certains n’est autre que l’adjoint de Dieu leur a créé beaucoup de problèmes. »

    L’annonce de cette inculpation coïncide avec la fin d’une longue enquête nationale portant sur les réponses institutionnelles apportées en Australie aux abus sexuels commis sur des enfants, demandée par le gouvernement en 2012 après une décennie de pressions de la part des victimes. La commission d’enquête royale, ayant conduit pendant quatre ans ces investigations, a recueilli des témoignages de milliers de victimes. L’avocate présidant ces travaux, Gail Furness, avait annoncé en février dernier que 4 444 faits de pédophilie avaient été signalés aux autorités de l’Eglise australienne et, qu’entre 1950 et 2010, « 7 % des prêtres étaient des auteurs présumés » d’abus sexuels sur des enfants. La moyenne d’âge des victimes était de 10 ans pour les filles et de 11 ans pour les garçons. Des 1 880 pédophiles présumés, 90 % étaient des hommes.

    Trois fois

    Le cardinal Pell avait été entendu trois fois dans ce cadre et a reconnu devant la commission d’enquête avoir « failli » dans sa gestion des prêtres pédophiles dans l’Etat du Victoria dans les années 1970. Il avait été ordonné prêtre en 1966 à Rome, avant de revenir en Australie en 1971. Nommé archevêque de Melbourne en 1996, puis de Sydney en 2001, il avait été accusé en 2002 d’abus sexuels pour des faits présumés très anciens mais avait été innocenté. Il avait été choisi en 2014 par le pape pour mettre de plus transparence dans les finances du Vatican.

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