Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet | Crée le 14.11.2016 à 04h26 | Mis à jour le 14.11.2016 à 14h24
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    L’avenir institutionnel a constitué fort logiquement le thème premier des congrès du Palika de Charles Washétine à Maré, de l’Union calédonienne pilotée par Daniel Goa à Houaïlou, ainsi que de l’Union progressiste en Mélanésie présidée par Victor Tutugoro Photos Sophie Mendes et Yann Mainguet
    Politique. De nettes divergences apparaissent au sein du FLNKS à l’issue des congrès annuels du Palika, de l’Union calédonienne et de l’UPM. La stratégie vis-à-vis des législatives ou encore l’inscription automatique des Kanak divisent les troupes.

    Le FLNKS est-il en crise ? La question peut légitimement se poser au sortir d’un long week-end studieux, marqué par les congrès annuels de trois des quatre composantes. Et la réponse tendrait vers l’affirmative, au regard de divergences sur des matières centrales. A commencer par de toutes proches échéances.

    L’intention a été répétée, 2017 sera un temps de sensibilisation et de montée en puissance des discours, avant le scrutin d'autodétermination. L’Union progressiste en Mélanésie a réaffirmé, à la tribu de Kradji à Poya, son projet politique axé sur l’accession à la souveraineté. « Une solution d’avenir » en coopération ou en partenariat avec la France. Une idée a été avancée au 33e congrès de l’UPM. Faire des élections législatives « un tremplin », selon Victor Tutugoro, pour cette revendication politique.

    Toutefois, sur la côte Est, l’écho est tout autre. Contraire même sur la méthode. A Houaïlou, les militants de l’Union calédonienne ont tranché en faveur d’un boycott des rendez-vous nationaux de mai et juin 2017 : pas de soutien pour la présidentielle, et pas de candidats pour les législatives. Aux deux événements, « pas de vote ». Une stratégie pousse cette non-participation, selon Gérard Reignier. « A un an de la sortie de l'accord de Nouméa, notre travail prioritaire est bien de préparer au mieux l'accession du pays à la pleine souveraineté ». L’UC retrouve une attitude ancienne, motivée par une actualité locale particulière, comme à la veille des législatives de 1997.

    « Détachement »

    Outre l’affichage, la décision émane de « la volonté de détachement de la France, ancrée et très forte à l'Union calédonienne » rappelle le secrétaire général. « Nous n'avons donc pas besoin d'aller à ces élections ». Cette posture sans équivoque est peut-être née aussi d’« un combat » dont la flamme a été ravivée ce week-end à la tribu de Kamoui : la demande d’inscription systématique et sans condition des Kanak sur la liste référendaire. Un sujet de tension tout juste examiné au dernier Comité des signataires le 7 novembre à Paris.

    Le relevé de conclusions a d’ailleurs fait bondir le Rassemblement des indépendantistes et nationalistes, animé entre autres par certains militants de l’UC. Les rangs grondent. Pour le parti présidé par Daniel Goa, « toute action qui doit permettre cette inscription va être programmée, engagée ».

    Là encore, l’avis de l’UPM et du Palika est bien différent. « L'inscription automatique est contraire à la citoyenneté que l'on veut mettre en œuvre » signale Victor Tutugoro. Sur la même ligne, Charles Washétine plaidait ces jours derniers en faveur de « l’inscription (qui) doit être volontaire, il faut informer nos gens pour qu’ils fassent la démarche ».

    Le congrès du FLNKS est concocté traditionnellement en fin d’année. Pour l’instant, aucune date n’est arrêtée.

    Les bureaux renouvelés

    Au terme du 47e congrès de l’UC à la tribu de Kamoui à Houaïlou, le bureau du parti pour 2016-2017 est fort peu modifié :

    Président Daniel Goa ; premier vice-président Néko Hnepeune ; deuxième vice-président Gilbert Tyuienon ; commissaire général Christian Dahote ; commissaire général adjoint Pierre-Chanel Tutugoro ; secrétaire général Gérard Reignier ; premier secrétaire général Philippe Ajapuhnya ; deuxième secrétaire générale Brenda Wanabo.

    L’Union progressiste en Mélanésie a également procédé au renouvellement de son bureau, à la tribu de Kradji, à Poya :

    président Victor Tutugoro ; premier vice-président Sylvestre Newedou ; deuxième vice-président Guy Meureureu ; secrétaire général Jean Creugnet ; premier secrétaire général adjoint Jacob Waneux ; deuxième secrétaire général adjoint Mickaël Meureureu ; trésorière Anna Meray ; représentant des élus communaux André Gopoea ; représentant des élus provinciaux Monique Poitchili.

    Les Nouvelles calédoniennes n’avaient pas connaissance du nouveau bureau du Palika à l’heure du bouclage de l’édition.

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