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    Nouvelle Calédonie
  • Baptiste Gouret | Crée le 25.06.2026 à 16h45 | Mis à jour le 25.06.2026 à 16h45
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    De gauche à droite : Kaheva Maihota, ingénieur d’armement à la Sudîles, Francisco Sione, premier secrétaire général adjoint de l’Usoenc et Stéphanie Leclercq, déléguée syndicale Soenc Transport, lors d’une conférence de presse sur la levée du préavis de grève des salariés de la Sudîles, ce jeudi 25 juin. Photo Baptiste Gouret
    Face à l’enlisement institutionnel autour du projet de renouvellement du Betico, le collectif de salariés de la Sudîles menaçait d’un mouvement de grève lors du week-end des provinciales. Le personnel a décidé de lever le préavis après l’engagement pris par le gouvernement, et transmis au constructeur australien, de lancer rapidement la construction du nouveau navire.

    Le Betico prendra bien la mer ce week-end. Le personnel de la Sudîles, qui exploite le navire, a levé son préavis de grève déposé le 11 juin, ce jeudi 25 juin. Le mouvement était programmé du 26 au 29 juin, le week-end des élections provinciales, et visait à dénoncer l’enlisement du projet de construction du Betico 3, un nouveau navire censé remplacer dans les prochaines années l’actuel catamaran, en service depuis 2009.

    "Nous avons eu l’opportunité de rencontrer le président du gouvernement, Alcide Ponga, la semaine dernière, qui a réaffirmé son intérêt pour le projet", annonce Stéphanie Leclercq, déléguée syndicale Soenc transport. Le chef de l’exécutif a signé un courrier avec Samuel Hnepeune, membre du gouvernement en charge des affaires maritimes, transmis au constructeur australien Austal, dans lequel les deux responsables confirment leur volonté de "lancer la construction du Betico 3".

    L’enjeu était de conserver la place réservée à la construction du navire dans le chantier naval, situé au Vietnam. Face au blocage du dossier, la direction du chantier avait en effet menacé de céder le créneau à un autre client, ce qui aurait entraîné un nouveau report et mis en péril la continuité du service public maritime, compte tenu de l’état de l’actuel Betico 2, régulièrement en panne. "Le constructeur a fait le nécessaire pour obtenir un délai supplémentaire", révèle Kaheva Maihota, ingénieur d’armement à la Sudîles, qui suit de près le projet Betico 3. Cette prolongation a néanmoins un coût : environ 300 millions de francs supplémentaires. Pour rappel, la construction du navire est estimée à 3,4 milliards de francs, un investissement dont le montage financier repose sur la défiscalisation locale et nationale, et des emprunts bancaires.

    Deux ans et demi de construction

    Le personnel de la Sudîles compte désormais sur les futurs élus du Congrès, qui auront à se prononcer sur la défiscalisation et la garantie d’emprunt de la Nouvelle-Calédonie pour débloquer le dossier. Les deux textes seront probablement examinés dans le courant du mois de juillet. "C’est de notre responsabilité de laisser le temps aux institutions de se mettre en place", explique Stéphanie Leclercq, mais "on sera très attentifs ensuite", prévient Francisco Sione, premier secrétaire général adjoint de l’Usoenc.

    Une fois les deux textes adoptés, la construction pourra être officiellement lancée. Elle devrait prendre "deux ans et demi", informe Kaheva Maihota. Le nouveau navire devrait donc entrer en exploitation en 2029. Trop tard pour éviter le carénage des vingt ans du Betico 2, prévue en avril 2028. "On ne peut pas repousser cette échéance", souligne Stéphanie Leclercq. Une opération obligatoire dont le montant s’élève à 600 millions de francs.

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