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  • Fabien Lefranc / fabien.lefranc@lnc.nc | Crée le 19.06.2019 à 04h25 | Mis à jour le 09.07.2019 à 19h44
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    Une partie de la sélection masculine de basket à 5 avec, de gauche à droite : Benjamin Guy, Grégory Chevrin, Erwan Laloine, Jean-Sébastien Chevrin, Ruben Ha-Ho, Jean-Jacques Taufana, Yann Mathelon, Raymond Weber, Steeven Sillant, Rodrigue Tetainanuarii, Benjamin Hnawia, Alexandre Ha-Ho et Christophe David. Photo F.L.
    BASKET-BALL. Alors que l’arrivée du 3 contre 3 pourrait signifier de nouvelles chances de médailles, les regards seront plutôt tournés vers le 5 contre 5 classique où les Calédoniens ne partent pas favoris.

    Années creuses, années pleines

    À regarder le palmarès des derniers Jeux du Pacifique, on serait tenté d’y voir un schéma redondant, comme la métaphore d’un ballon de basket qui rebondit : en 2003, à Suva, les hommes avaient remporté leur toute première médaille d’or et les femmes s’étaient parées de bronze. Puis en 2007, à Apia, pas de récidive avec la « fameuse » pression d’un champion devenu l’équipe à battre. Alors on patiente quatre ans, d’autant qu’à domicile, devant son public, les forces sont décuplées : les Cagous récupèrent l’or chez les hommes et l’argent chez les femmes en 2011, à Nouméa. Âge d’or s’il en est, cruellement éphémère. La campagne papoue de 2015 est un fiasco, les hommes terminent 7es sur 10 avec des défaites contre Fidji (79-58) et les Samoa américaines (84-73), quand les féminines échouent à une 6e et avant-dernière place. Alors, 2019, année de succès ?

    Soit expérimentés, soit novices

    Les deux équipes à 5 ont des profils relativement opposés. Dans la sélection masculine, ils sont cinq (six en comptant Stéphane Saminadin qui intègre le 3 contre 3) à avoir déjà gagné le Graal en 2011, dont Benjamin Hnawia et Rodrigue Tetainanuarii, âgés de 39 et 37 ans, qui sont même doubles médaillés d’or puisqu’ils faisaient leurs débuts en sélection en 2003.

    « On manque de grands comparé aux autres, livre Benjamin. On devra compenser en étant agressifs, adroits et rapides dans les phases de transition. » « On est mieux préparés qu’il y a quatre ans, avance Rodrigue, seul expatrié de la sélection qui évolue en Nationale 1 (3e division) avec Aurore Vitré, en Métropole. Depuis 2011, le jeu a évolué et on n’avait pas vu venir la chose en 2015. » « Les joueurs ont plus d’expérience, ceux qui ont vécu la déconfiture de 2015 sauront comment réagir », estime Angelo François-Élocie, coach de l’époque.

    Pour les femmes, l’entraîneur Noah Tetuanui, intronisé il y a trois ans, a composé un groupe avec « 80 % de jeunes pour qui ce seront les premiers Jeux ». Seules Yolande Luepak et Diana Moutry sont rescapées de l’épopée de 2011 avec la seule médaille d’argent remportée à ce jour. Renfort de poids, Samantha Honda est également revenue de Métropole pour prêter main-forte. « On vise le dernier carré, ce sera très compliqué mais ça reste faisable », se projette Noah Tetuanui.

    Le galop d’essai du 3 contre 3

    Aucune illusion sur l’issue du tournoi samoan : les deux équipes joueront un classement, pas une médaille, pour leur première compétition internationale. D’autant que d’autres pays misent tout sur ce format en délaissant le 5 contre 5 (Îles Cook hommes, Samoa américaines hommes, Vanuatu). Face aux Samoans ou aux Papous par exemple, la marche paraît trop haute pour les huit joueurs et joueuses sélectionnés, en quête de repères.

    Si les hommes n’ont aucune indication sur leur niveau réel par rapport aux Océaniens, les féminines emmenées par Adeline Souqué de l’AS 6e Km sont parties en stage au Vanuatu où elles ont remporté leurs trois matchs face aux locales. En 2017 aux Minijeux, le Vanuatu avait remporté le bronze derrière la Papouasie et les Îles Cook.


    LE POINT DE VUE DE... JOHN GATUHAU, CHEF DE DÉLÉGATION

    « Après 2011, on s’est peut-être reposé sur nos lauriers »

    Est-ce que les sélections sont bien armées pour aller chercher des médailles ?

    Pour le 5 contre 5, ça va être difficile pour les filles. C’est un nouveau groupe avec beaucoup de jeunes et pas vraiment d’expérience en compétition. Ces Jeux vont être un bon point de départ pour reconstruire derrière. Pour les garçons, il y a l’expérience et je pense qu’ils sont revanchards par rapport à la performance de 2015. Ils veulent effacer ça en fait.

    Qu’est-ce qui avait amené ce résultat en Papouasie selon vous ?

    Après 2011, on s’est reposé sur nos lauriers. Il y a quatre ans, il a peutêtre manqué un peu de cohésion d’équipe. Je m’avance un peu mais je n’ai pas senti que tout le monde avait tiré dans le même sens.

    Là, je les sens tous focus sur le même objectif. Ensuite, ils viennent en majeure partie du même club, Dumbéa, ça aide à fédérer.

    Est-ce que le basket calédonien est sur le déclin, stagne ou est en progression ?

    Pour moi, il stagne mais il a conscience de ce qu’il doit faire. Il a conscience d’avoir des lacunes qu’on ne peut combler qu’en allant chercher de l’aide à l’extérieur.

    Il faut accepter de tendre la main et de se faire aider, de se faire former. Lorsqu’on est allé faire la qualification à la Melanesian Cup en 2017, on a trouvé que les Salomon avaient augmenté leur niveau de jeu. Ils ont fait appel à des entraîneurs australiens. Tout le monde est en train de se mettre au niveau et c’est tant mieux pour le basket.

    Quels sont ou ont toujours été les points forts des Calédoniens ?

    On n’est pas très grands déjà. Pour compenser, ça va courir beaucoup. Après, il faudra s’appliquer. Le gros point fort des gars, c’est qu’ils sont physiques.

     

    Repères

    La sélection

    5 x 5 FEMMES : Cassandre Canaldo, Cynderella Fanalupe, Samantha Honda, Yolande Luepak, Diana Moutry, Johana Pallas, Awéko Passa, Monique Pei, Clémentine Puleoto, Evalina Tartas, Anaïs Tufui, Noah Tetuanui (coach), Natsumi Wainebengo (assistante coach).

    5 x 5 HOMMES : Beniela Adjouhgniope, Paul-Émile Boawe, Joan Delaunay- Belleville, Ruben Ha-Ho, Alexandre Ha-Ho, Benjamin Hnawia, Yann Mathelon, Karyl Paillandi, Florian Patché, Steeven Sillant, Rodrigue Tetainanuarii, Raymond Weber, Benjamin Guy (coach), Christophe David (assistant coach).

    3 x 3 FEMMES : Zorena Adjouhgniope, Nicky François, Elia Massette, Adeline Souqué, Jean-Marc Delaveuve (coach).

    3 x 3 HOMMES : Loïc Ayam, Jocelyn Lissarrague, Stéphane Saminadin, Gwenaël Tari, Angelo François-Élocie (coach).

    Encadrants : John Gatuhau (chef de délégation).

    Le programme

    5 CONTRE 5

    Du 8 au 17 juillet, au complexe sportif Faleata, Gymnasium 2. Les hommes sont dans le groupe A avec Guam, Samoa et Tonga, quand le groupe B regroupe Fidji, Tahiti, la Papouasie et les Salomon. Les femmes sont également dans le groupe A avec Samoa, Fidji et les Îles Cook, quand le groupe B regroupe Guam, Tahiti, la Papouasie et les Samoa américaines.

    Les premiers des deux poules recontreront en demi-finales le vainqueur du barrage entre le 2e et le 3e.

    3 CONTRE 3

    Du 18 au 20 juillet, au même endroit. Le tirage au sort des poules n'a pas eu lieu.

    12 médailles

    C’est le bilan du basket-ball calédonien depuis 1963, dont deux en or, trois en argent et sept en bronze.

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