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  • Mathieu Ruiz Barraud | Crée le 15.05.2019 à 05h40 | Mis à jour le 08.07.2019 à 13h26
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    Aurélie Konhu, 29 ans en août, espère être dans l’équipe de volley-ball de Calédonie à Apia. Photo MRB
    VOlley-ball. Elle avait mis fin à sa carrière en fin d’année dernière à cause de problèmes aux genoux, mais la voici de retour sur les terrains, ici en Calédonie. Désormais joueuse de l’AS Païta, elle vise une ultime participation aux Jeux.

    Une belle histoire ne se termine jamais vraiment. Et l’amour entre Aurélie Konhu et son sport n’échappe pas à la règle.

    Revenue sur le territoire en décembre dernier « pour les vacances », la Kunié de 28 ans a décidé de prolonger son séjour, « pour rester un peu plus longtemps avec (sa) mère, mais aussi tenter d’aller aux Jeux du Pacifique ».

    L’objectif est simple : boucler la boucle. « J’ai connu ma première sélection lors des Jeux à Apia en 2007, explique Aurélie Konhu. Terminer à Apia en 2019, ça serait génial. »

    Une sorte de baroud d’honneur pour elle qui s’est éloignée des terrains à cause de problèmes aux genoux. (Lire notre édition du 27 juillet 2018). « Ici, j’ai retrouvé le plaisir de jouer et je ne ressens plus de douleur, s’enthousiasme-t-elle. Cela ne veut pas dire que je vais retrouver ma vie d’avant, mais je peux à nouveau jouer. »

     

    L’émotion des Jeux du Pacifique de 2007

    Sur le Caillou, elle s’est vite retrouvée un nouveau maillot et c’est bien simple, c’est le même que celui de sa sœur, Armonie. Depuis le début de la saison, elle évolue sous les couleurs de l’AS Païta. Toujours au poste de réception. Il faut dire qu’elle ne saurait « pas faire autre chose ».

    Au club, elle s’entraîne avec de nombreuses membres de la présélection. « Toutes les joueuses du six majeur de Païta font partie de la liste », précise Aurélie Konhu.

    Et parmi elles, sa sœur qu’elle pourrait donc retrouver à Apia. Comme c’était déjà le cas en 2007. « On faisait équipe en beach-volley et c’était très fort, se remémore-t-elle. Je me souviens qu’on avait joué et battu les Samoa. À chaque point marqué, l’émotion était très forte. Je mecrappelle avoir été en pleurs, de joie, à la fin du match, d’avoir appelé ma mère pour lui raconter (sourire). Je crois que ni en club, ni en équipe de France, je n’ai vécu d’émotions aussi fortes. » Les deux sœurs terminent alors quatrièmes. Elles avaient ensuite été médaillées d’argent avec la sélection en 2011, en indoor.

     

    Retour en Métropole

    En 2015, le duo n’avait pas pu se reformer en beach-volley car Armonie avait eu des ennuis de santé au dernier moment. Aurélie Konhu s’était alors retrouvée avec une jeune partenaire, Isabelle Sinéwami qu’elle ne connaissait pas avant d’arriver à Port Moresby. Elles sont battues en quarts par Tahiti. « Je n’en garde pas un mauvais souvenir, pose celle qui a disputé une saison dans l’élite avec Chamallières en 2015-16. J’ai découvert que je pouvais avoir de la patience sur le terrain et transmettre mon expérience. »

    Forcément, Aurélie met toutes les chances de son côté pour retrouver la fierté de défendre les couleurs de la Calédonie.

    En tout, la volleyeuse s’entraîne « 20 heures par semaine entre le club, la sélection et la préparation physique ». Beaucoup pour ici, pas grand-chose par rapport à son ancienne vie. Et puis, une fois les Jeux terminés, il sera temps de retourner en Métropole. « Pour continuer mes études. »

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    Coup de pouce venu de Dumbéa

    C’est assez rapidement qu’Aurélie Konhu a repris le sport lors de son retour en Calédonie. Pas tout de suite le volley-ball, mais d’abord la préparation physique. Et c’est un nom bien connu des amateurs de basket qui l’aide à remettre le pied à l’étrier : Edouard Esnault, joueur de l’AS Dumbéa et aussi beau-frère d’Aurélie.

     

    Faire briller son nom

    Elle ne s’en cache pas. Depuis ses 15 ans et son départ en France pour le pôle espoirs de volley, Aurélie Konhu a eu un moteur : celui de redorer le nom de Konhu, à l’époque plus souvent cité à la rubrique faits divers après le meurtre de Kanuméra (Les deux frères Konhu avaient été reconnus non coupables après des années de procès en 2009). « C’était important qu’on parle des Konhu différemment, explique la joueuse. Je l’ai fait pour mon grand-père. C’était une force. »

     

    La sélection connue lundi

    Comme pour toutes les autres disciplines, le CTOS validera la semaine prochaine la liste des athlètes qui seront aux Jeux en juillet. Aurélie Konhu saura à ce moment si elle est retenue dans la sélection encadrée par Louis Totele.

     

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