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  • A l’Apia Park Stadium, Anthony Fillet / anthony.fillet@lnc.nc | Crée le 08.07.2019 à 04h25 | Mis à jour le 09.07.2019 à 08h47
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    Du blanc, du gris, du rouge et beaucoup de sourires : les Calédoniens ont fait plaisir à voir hier soir. Lors du défilé des délégations, c’est celle du Caillou qui, la première, s’est lancée dans une chorégraphie, le fameux tchap cagou. Le public a bruyamment approuvé. Photo Fabien Lefranc
    APIA. La pluie tropicale ayant généreusement arrosé les Samoa, hier après-midi, s’est arrêtée au meilleur moment, une heure avant une cérémonie d’ouverture festive dans un stade plein à craquer. Les Calédoniens ont fait le spectacle et les Samoans ont assuré l’ambiance.

    L’Apia Park Stadium aurait-il pu être plus rempli qu’hier soir ? A l’évidence, non. Et pourtant, dans les minutes suivant le début des festivités, le public, en partie en retard car coincé dans les embouteillages, continuait à arriver, offrant à cette cérémonie une douce impression de confusion générale… Les Jeux du Pacifique ne sont pas les Jeux olympiques et c’est sûrement mieux ainsi : ils gardent une touchante authenticité.

    Le premier frisson collectif arriva à 18 h 42, heure locale, avec le défilé de la première délégation, celle de Papouasie-Nouvelle-Guinée, pays organisateur (et vainqueur) de la dernière édition il y a quatre ans. Une sélection papoue comptant 376 athlètes, le deuxième plus gros contingent de ces XVIes Jeux derrière les Samoa (506), devant Fidji (353) et la Nouvelle-Calédonie (325).

    Un tchap endiablé

    L’animateur en chef de la délégation calédonienne, Lax Wejieme, celui qui apprend, avec patience et énergie, les pas du tchap aux Cagous, était bondissant lors du défilé. Au point que les Samoans étaient nombreux à se presser autour de lui pour emporter une photo souvenir du phénomène. Photos T.M.

     

    Douze minutes plus tard, les Calédoniens entraient en action, la nageuse et triathlète Charlotte Robin et le footballeur Bertrand Kaï en tête, suivis de l’animateur Lax Wejieme, toujours autant en forme. Nouvelle clameur des spectateurs quand les Cagous, alignés sur la piste d’athlétisme, face à la tribune principale, se lançaient, contre la volonté des organisateurs qui préféraient que ça avance vite, dans un tchap survolté, la danse de ralliement de cette sélection. Clameur avant la chorégraphie, applaudissements pendant et ovation générale à la fin. On ne sait pas combien de médailles ramènera cette sélection, mais on peut être sûr qu’elle a gagné hier des points dans le coeur des Samoans.

    Le haka néo-zélandais, comme plus tard la démonstration de force des 271 Tahitiens puis celle des 80 Wallisiens et Futuniens, ont à leur tour été appréciés.

    Et que dire de l’ambiance, à la limite de l’hystérie, qui a accompagné la marche des sportifs samoans, habillés en noir et bleu et salués comme des héros par des fans debout, hurlant et tapant dans leurs mains quand celles-ci ne tenaient pas un drapeau rouge et bleu avec cinq étoiles blanches rappelant la constellation de la Croix du Sud : il paraît que le bruit s’est fait entendre jusqu’à Nouméa…

    Ferveur collective

    Il était 19 h 16 à Apia et la terre a tremblé dans cette partie de l’Océanie. « For Samoa, hip hip hip !, hourra ! » Le speaker du stade n’a pas eu besoin de se casser la voix pour faire répéter en choeur tout un stade respirant la joie d’être là. Emotions fortes garanties ! « One in spirit » (unis dans le même esprit) dit le slogan de ces Jeux : hier, on n’a pas vu autre chose.

    Un stade rempli qui se lève comme un seul homme pour écouter, en silence et avec respect, un hymne national, en l’occurrence celui des Samoa, c’est toujours un moment poignant. Photo A.F.

     

    L’hymne samoan, déclenché une demi-heure après l’entrée des stars de la soirée, fut un autre grand moment de communion. Bien plus tard, un feu d’artifice grandiose illumina le ciel d’Apia.

    Un seul mot : fa’afetai. Merci, en samoan.

     

    Repères

    Les plus « gros » Jeux de l’histoire

    Près de 2 000 étudiants de 16 écoles secondaires ont participé au spectacle de la cérémonie d’ouverture. Des chants et des danses sur fond de légende samoane pour présenter à leurs hôtes océaniens la culture du pays.

     

    Le Conseil des Jeux l’a confirmé durant le week-end : cette édition regroupe plus de 5 000 athlètes et encadrants. Le précédent record d’affluence remonte aux Jeux de 2011, à Nouméa, avec un décompte total de 4 899 participants.

    Les Samoans en force

    La délégation samoane, la plus importante dans ces Jeux, ne terminera sans doute pas en tête du classement des médailles dans deux semaines, mais elle a pris la lumière hier. Quelle ambiance lors de son défilé !

     

    Les pays hôtes sont toujours les plus représentés. Cette année, les Samoa font le plein et participeront aux 27 sports proposés. Parmi les 24 pays présents, suivent la Papouasie- Nouvelle-Guinée et les Fidji, engagés dans 26 et 25 disciplines. La Nouvelle-Calédonie vient en 4e position et s’aligne sur 23 sports. Les plus petits ? Palau (33 athlètes dans 8 disciplines), les Etats fédérés de Micronésie (28/4) et les Îles Marshall (17/5).

    Ventre vide et esprit rebelle

    « On n’a pas tous mangé avant, on a dû venir au stade à pied sur la fin à cause de la circulation et l’organisation nous pressait au moment de défiler. On a gueulé un peu. On est les premiers à s’être arrêtés, les autres nations ont fait pareil derrière, on a montré la voie en quelque sorte », s’est satisfait Christophe Dabin (chef de mission) après le défilé.

    Des sportifs au dodo

    Un Bertrand Kaï détendu et une Charlotte Robin un brin crispée trônaient en tête de cortège, suivis de près par le troisième porte-drapeau, Thierry Cibone. Le duo n’aura pas le temps de chômer : il entre aujourd’hui de plain-pied dans la compétition et Charlotte Robin, en nage en eau libre, pourrait être la première médaillée d’or de ces Jeux du Pacifique. Tout un symbole.

     

    Si l’attaquant Bertrand Kaï a porté le drapeau, lui et ses coéquipiers de la sélection de football ne sont pas restés jusqu’à la fin de la cérémonie. Non mais qu’ils n’en n'avaient pas envie, mais ils avaient besoin de se coucher tôt : leur premier match du tournoi, face aux Samoa américaines, est programmé, heure locale, à 9 heures ce matin… D’autres sportifs, comme ceux du badminton et du cricket, ont dû quitter tôt le stade pour la même raison.

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