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  • À Mulifanua, Titouan Moal | Crée le 11.07.2019 à 04h25 | Mis à jour le 11.07.2019 à 07h50
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    Le cri des Cagous a résonné depuis la baie de Mulifanua après que l\'équipage calédonien eut passé la ligne d\'arrivée en tête. Photo T.M.
    VA’A. Ces 16es Jeux du Pacifique resteront dans les annales pour les rameurs calédoniens. Hier matin, sur le plan d’eau de Mulifanua, ils sont à nouveau montés sur la plus haute marche du podium, cette fois en V6 (500 m). Leur deuxième médaille d’or en deux jours.

    La cohésion calédonienne

    C’est remonté à bloc après leur victoire en V12 de la veille que les six piroguiers de la sélection calédonienne se sont élancés pour le sprint de 500 m, hier matin. Un état d’esprit, couplé à une belle cohésion, qui leur a permis de dompter les autres équipes du Pacifique pour passer en tête, et avec une bonne pirogue d’avance (soit un peu plus de 14 m), la ligne d’arrivée, s’adjugeant ainsi de main de maître l’épreuve reine. Derrière, on trouve les rameurs de Fidji, puis ceux de Wallis. « C’est beaucoup d’émotion, ça fait vraiment chaud au cœur, commente Georgy Taero, le sélectionneur. C’est une confirmation pour nous. » Car les mauvaises langues auraient pu avancer qu’une seule victoire en V12 relevait de la chance, mais avec ce nouvel exploit en V6, pas de doute, les Calédoniens ont prouvé qu’ils étaient bien les meilleurs sprinteurs du moment dans le Pacifique.

    Mais ce serait sans compter sur les Tahitiens, qui avaient à cœur de laver l’affront. Hier, ils sont parvenus à se ressaisir dans l’épreuve du 1 500 m en remportant leur duel, serré, face aux Cagous. Une saine rivalité qui semble éternelle. Côté féminines, les piroguières du Caillou n’ont pas réussi à rééditer l’exploit de leurs homologues masculins, terminant tout de même 2es derrière le Fenua au 500 m, puis au 1 500 m.

    Des Tahitiens désunis

    « Ces défaites ont un goût très amer, le peuple maohi nous crache dessus depuis avant-hier. » Les mots du champion tahitien Kevin Céran-Jérusalemy sont durs. Et les rameurs du Fenua mettront certainement du temps à digérer leurs deux 4e places en V12 et V6. Car cette année, c’est la première fois depuis 1995, et l’entrée du va’a aux Jeux du Pacifique, que ces deux épreuves n’ont pas été remportées par leur sélection.

    Alors, qu’a-t-il bien pu se passer côté tahitien ? « Sur l’eau, je les ai entendus se chamailler. Pour moi, ils ont manqué de cohésion, ils n’ont pas réussi à créer une équipe, expose le Cagou Fabien Larhantec, doyen de la sélection masculine. Il y a une semaine, ils ne savaient même pas qui ils allaient amener ici. » Une analyse partagée par Kevin Céran-Jérusalemy : « Les Calédoniens se sont tout simplement mieux préparés. Ils ont montré qu’ils étaient unis. Cela va nous faire réfléchir pour la suite. » Le Tahitien Charles Villierme, ancien président de la Fédération internationale de va’a, a une autre explication : « Je ne veux pas enlever la qualité de nos rameurs, mais on n’avait emmené que deux ou trois athlètes de top classe. Ce n’est pas suffisant pour cette compétition, où le niveau ne cesse de monter. »

    Encore l’argent pour Titouan Puyo

    Décidément, il y est abonné. Le supiste Titouan Puyo a terminé pour la troisième fois à la 2e place, hier en individuel, après la Papouasie-Nouvelle-Guinée en 2015 et Nouméa en 2011 : à l’époque, c’était sur la longue distance. Il faut dire que devant, hier, la concurrence était un cran au-dessus. Le double champion du monde en titre de vitesse et longue distance, Kevin Céran-Jérusalemy, a mis tout le monde d’accord en prenant les devants de la course dès le départ pour finalement terminer avec une large avance. « Arrivé à la bouée des 250 mètres, je l’avais déjà dans mon champ de vision. Du coup, j’ai fait la course pour m’assurer la 2e place, expose Titouan Puyo. Il est numéro 1 tahitien, c’est ce qui se fait de mieux. À côté, je viens pour apprendre. »


    Savoir +

    Ce jeudi, c’est jour de repos pour le va’a. Fin de la compétition demain et samedi. Avec au programme demain à 6 heures (heure calédonienne) : V1 marathon femmes (16 km), puis à 8 h 30 : V1 marathon hommes (16 km). Et samedi, V6 marathon femmes (16 km) à 6 heures et V6 marathon hommes (16 km) à 8 h 30.

     

    Repères

    Six médailles

    Soit deux en or et quatre en argent : c’est le butin des rameurs et des rameuses du Caillou lors des épreuves de vitesse dans ces 16es Jeux du Pacifique. Deux en or : les hommes en V12 et V6 (500 mètres). Et quatre en argent : Titouan Puyo en individuel (500 mètres), les V6 hommes et femmes sur 1 500 mètres, plus le V6 femmes sur 500 mètres.

    La revanche de Marcy Manate

    La numéro 1 calédonienne était déçue hier matin. Alignée en individuel pour le sprint, elle a terminé à la 4e place derrière les rameuses de Tahiti, de Fidji et des Samoa. « Les autres étaient plus fortes, c’est tout, il faut l’admettre », reconnaît humblement la piroguière. Elle aura donc à cœur de se rattraper demain lors de la longue distance. Dans sa ligne de mire, la Tahitienne Marguerite Temaiana, qui l’avait battue chez elle lors du Te Aito, en mai.

    Albert Mainguet au taquet

    Côté masculin, c’est Albert Mainguet qui représentera les couleurs calédoniennes. « Ce sont mes premiers Jeux et l’on gagne deux médailles d’or, je ne réalise pas… C’est la preuve que rien n’est impossible, raconte le rameur de Koumac. Je suis remonté à bloc pour la longue distance. » Face à lui, il aura notamment le colosse tahitien Kevin Céran-Jérusalemy, qui a remporté l’or en vitesse.

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