Transports
  • LNC | Crée le 12.03.2003 à 21h00 | Mis à jour le 23.07.2016 à 15h37
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    L'arrivée du second Airbus A 330 d'Aircalin, acheté en défiscalisation, est la dernière étape avant la disparition des avions d'Air France du paysage calédonien.

    Le nouvel appareil qui s'est posé sur le tarmac de Tontouta, mardi en début de soirée, exploitera la ligne Nouméa-Tokyo, dès le 30 mars, en partenariat avec la compagnie Air France. « En clair, notre nouvel avion se substituera à l'A 340 d'Air France, explique Jean-Michel Masson, le directeur d'Aircalin, insistant sur le caractère capital de ce partenariat. Si nous lorgnons le marché japonais, les liaisons vers Paris qu'assure Air France sont bien évidemment essentielles pour la Nouvelle-Calédonie. » L'Airbus A 340 d'Air France effectuera sa dernière rotation sur Tokyo le 29 mars, pour un retour prévu le lendemain à Nouméa. Il repartira ce même jour en direction de Paris, cette fois sans passagers, mais avec du matériel.Développer une désserte suffisamment pérenne« L'origine de ce projet remonte à 1999, lorsque les responsables du territoire ont souhaité que la Nouvelle-Calédonie dispose d'une maîtrise suffisante de sa desserte pour pouvoir développer l'industrie touristique. Encore fallait-il pouvoir inscrire ce projet dans la pérennité, rappelle le directeur d'Aircalin. La Nouvelle-Calédonie représente un petit marché pour les compagnies aériennes extérieures et, de fait, ne figure pas parmi leurs priorités. Nombre de compagnies sont venues puis reparties. Ce fut le cas de Corsair, d'AOM et de Continental Micronesia, qui a assuré des liaisons entre Nouméa et le Japon durant neuf mois. Cette orientation politique s'est traduite dès mars 2000 par une solution intermédiaire : la location d'un Airbus A 310-300 par Aircalin qui a permis l'ouverture d'une ligne sur Osaka, laquelle est désormais assurée, depuis son arrivée en janvier 2003 par notre premier A 330 défiscalisé. »Objectif : neuf vols vers le JaponDans un premier temps, l'A 330 d'Aircalin reprendra les cinq fréquences hebdomadaires sur Tokyo qu'assurait Air France. En fonction de la réponse du marché japonais, la compagnie aérienne calédonienne projette, à terme, d'accroître la fréquence de ses vols vers le Japon. Pour passer à six vols hebdomadaires vers Tokyo, et trois vols hebdomadaires sur Osaka au lieu des deux actuels.Un troisième Airbus en défiscalisationA l'immatriculation près, le second A 330 que vient de réceptionner Aircalin est la copie conforme du premier. Il comporte 271 sièges - 26 sièges en classe affaires ( Hibiscus) et 245 en classe économique - et présente le même confort et offre des services identiques. L'appareil est confié à un équipage technique composé d'un commandant de bord et d'un pilote, et les passagers à un équipage navigant commercial de huit personnes. « La prochaine étape porte sur le remplacement de notre Boeing 737 par un Airbus A 320, qui nous permettra de passer de 126 places à 150, soit une augmentation d'environ 20 % du nombre de sièges,» poursuit le directeur d'Aircalin. «L'acquisition de ce nouveau Boeing devrait intervenir en janvier 2004 pour une mise en ligne prévue en février de la même année. Ce nouvel appareil assurera l'essentiel de notre réseau régional et devrait s'avérer très utile sur les vols les plus chargés que sont Wallis et Brisbane. L'accord de principe de l'achat en défiscalisation de cet avion, annoncé par la ministre de l'Outre-Mer lors de son passage en Nouvelle-Calédonie, a été notifié depuis. Nous sommes donc entrés dans la phase active de ce projet. » En clair, la compagnie aérienne calédonienne devrait donc disposer d'une flotte homogène, à la hauteur de ses ambitions, dès 2004.Une partie du personnel navigant d'Air France rejoint AircalinLe partenariat avec la compagnie Air France repose à la fois sur la reprise de l'exploitation par Aircalin de la desserte entre Nouméa et Tokyo, ainsi que d'une partie du personnel navigant commercial, hôtesses et stewards .La compagnie Aircalin, qui a vu ses effectifs doublés en un peu plus de trois ans, pour atteindre actuellement environ 280 salariés, verra ses rangs s'enrichir de 65 personnes supplémentaires, fin mars. Il s'agit bien évidemment d'une partie du personnel navigant commercial de la compagnie Air France.Ce dernier transfert marquera la fin de la base Air France en Nouvelle-Calédonie, mais pas pour autant la disparition de cette compagnie du paysage calédonien. En effet, Air France achète à l'année 50 % des sièges de l'A 330 entre Nouméa et Tokyo et continuera à vendre ses vols entre Paris et Nouméa par le biais de son agence, qu'elle conserve à Nouméa.La TFA : une taxe pour financer les avionsLa délibération fixant la taxe sur le fret aérien (TFA) a été votée par la majorité des élus du Congrès, le 6 mars dernier. Cette délibération, est quasiment en tout point identique, à celle du 19 décembre 2000 qui avait été annulée pour vice de forme par la cour administrative d'appel de Paris, en début d'année. Cette taxe a été créée pour financer l'acquisition des actions du capital d'Aircalin pour un montant correspondant au prix des deux Airbus. En 2002, l'Agence pour la desserte aérienne, ( dont l'unique recette provient du produit de la TFA), a acquis 25 % du capital d'Aircalin. Elle doit acquérir les 75 % restants appartenant aux investisseurs métropolitains, en 2008.Ce montage financier, qui concerne le développement touristique de la Nouvelle-Calédonie, et le transport de tous les Calédoniens depuis le retrait d'Air France et d'AOM, a été salué par l'octroi de la défiscalisation.

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