- Julien Mazzoni | Crée le 03.11.2026 à 10h59 | Mis à jour le 03.11.2026 à 11h00ImprimerEn poste depuis 2017, Xavier Martin est reconduit à la tête de la Cafat à compter du 1er janvier 2027, après plusieurs mois de tensions autour de son éventuel remplacement. Photo Archives LNC / Baptiste GouretLe gouvernement a décidé, lundi 2 novembre, de maintenir Xavier Martin à la direction de la Cafat. Cette reconduction met fin à plusieurs mois de tensions autour de son remplacement, contesté par plusieurs syndicats, qui dénonçaient une procédure menée sans attendre l’avis du conseil d’administration.
Le très contesté changement de directeur à la Cafat n’aura finalement pas lieu. En poste depuis 2017, d’abord par intérim, puis comme titulaire à partir d’avril 2018, Xavier Martin poursuivra sa mission à la tête de la caisse à compter du 1er janvier 2027, son mandat actuel arrivant à échéance le 31 décembre. Son nom figure parmi les nominations annoncées par le gouvernement de Milakulo Tukumuli à l’issue de sa séance collégiale du 2 novembre.
Le bras de fer avait commencé le 30 avril. Une cinquantaine de militants de l’Usoenc s’étaient rassemblés devant le siège de la Cafat pour réclamer la suspension de la procédure de recrutement engagée par le précédent gouvernement Ponga. La Fédé dénonçait également un manque de concertation avec les partenaires sociaux. "On ne défend pas une personne, on défend le paritarisme", insistait alors Alexis Falematagia, secrétaire général adjoint de l’Usoenc.
C’est le nom de Thomas De Deckker, directeur général de l’OPT, qui circulait pour succéder à Xavier Martin. Christopher Gygès, alors porte-parole de l’exécutif, défendait une procédure conforme aux règles en vigueur, prévoyant notamment la consultation du conseil d’administration avant toute nomination.
Les comptes sociaux dans une situation critique
Le conflit avait rebondi le 24 juin, avec le rejet du projet d’arrêté de nomination par une majorité des membres du gouvernement, qui avait pourtant été réinscrit à la séance du 1er juillet… L’Usoenc, la Cogetra, Force ouvrière et La Fédé dénonçaient une tentative de "passage en force". Le texte avait finalement été retiré de l’ordre du jour sous la pression des syndicats.
Fin août, Xavier Martin ignorait encore s’il conserverait son poste. "Je ne peux pas l’affirmer pour l’instant", expliquait-il dans une interview accordée aux Nouvelles calédoniennes, tout en indiquant souhaiter rester. Le conseil d’administration devait alors examiner les candidatures. Ce dernier a été renouvelé depuis et Jean-Pierre Kabar en a retrouvé la présidence, le 12 octobre.
Cette reconduction intervient alors que les comptes sociaux sont dans une situation critique. Fin août, Xavier Martin estimait à 39,1 milliards de francs le besoin de financement des régimes sociaux pour 2027. Le 30 octobre, le Congrès a intégré au budget une aide de 7,3 milliards de francs annoncée par l’État, destinée à couvrir les déficits de décembre et janvier.
Reste à faire aboutir les réformes de l’assurance maladie et des retraites du privé, sur lesquelles les partenaires sociaux travaillent depuis plusieurs mois. "À moins de réduire la qualité et l’offre de soins, il faudra aller chercher des recettes supplémentaires", prévenait déjà Xavier Martin en août.
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