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    Grand Nouméa
  • A.-C.P. | Crée le 03.02.2021 à 20h10 | Mis à jour le 03.02.2021 à 20h23
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    Des agents du CCAS assurent un contrôle à l'entrée du site. Chaque personne doit décliner son identité. Photos A.-C.P.
    En prévision du passage en alerte 2, la ville de Nouméa a ouvert son centre d'accueil situé à la salle omnisports Anewy pour héberger les personnes qui ne se sentent pas en sécurité chez elle. Reportage.

    Lorenza, Dominique et leurs deux enfants, Destinée et Fetuao, sont les premiers à avoir intégré le centre d'accueil ouvert par la ville de Nouméa mercredi, à partir de 10 heures, à la salle omnisports Anewy. La famille, arrivée d'Ouvéa en novembre pour l'accouchement de Lorenza, avait décidé de rester jusqu'à la rentrée le temps de faire des courses avant de retourner sur leur île. Depuis, ils vivent dans une cabane qu'on leur a prêtée à Nouville et qu'ils aménagent petit à petit. " On a essayé de la retaper hier (mardi, NDLR), mais il y avait trop d'eau, c'était inondé. C'est notre voisine qui nous a prévenus que l'on passait en alerte 1. "


    Lorenza, Dominique et leurs deux enfants sont les premiers à être arrivés au centre d'accueil de la salle François-Anewy.

    " On ne va pas dormir cette nuit "

    Vu la situation, le couple n'a pas hésité à tout laisser sur place pour venir se réfugier au centre. " Pour les deux bébés, c'est mieux d'être ici. On a juste pris l'essentiel, carte d'identité, carte bleue et un peu de linge. J'espère que le cyclone ne va pas emporter la cabane à la mer. En plus, on venait juste d'installer un fauteuil tout neuf ", glisse Lorenza, résignée.


    Évelyne et Pamela viennent du squat de Montravel. Elles ont été contraintes de laisser leurs affaires sur place.

    Pamela et Evelyne ont quitté le squat de Montravel en catastrophe. " Il pleut trop là-bas. On est parti vite avec le petit neveu et les parents ne sont pas là, mais ils ont dit qu'ils nous rejoindraient. "

    Venues à pied, elles regrettent que l'information concernant le centre d'accueil n'ait pas été donnée plus tôt. " Je pense que ça aurait dû ouvrir avant. On n'a rien pu pendre avec nous, tout est resté là-bas, déplore Pamela, inquiète. Je pense qu'on va rester éveillées et qu'on ne va pas dormir cette nuit. On a peur de l'état dans lequel on va retrouver la cabane quand on va rentrer demain. "


    Une boisson chaude est disponible à tout moment de la journée. Des repas sont également servis le midi et le soir.

    Une grosse rafale de vent provoque un bruit de tôle saisissant. Malgré la solidité de l'imposante structure, cela produit un drôle d'effet. " C'est impressionnant, estime Pamela, même si on sait qu'on est en sécurité. "

    " Le bateau est foutu "

    Outre les habitants des squats alentour, plusieurs personnes viennent de Macadam qui, fermé, a dirigé les accueillis vers le centre. C'est le cas de Rudy. Si certains de ses copains ont décidé de rester dans la rue, lui a préféré se mettre à l'abri. " C'est bien d'avoir ça. " Yan vit dans son fourgon depuis quatre ans. " Cette nuit (de mardi à mercredi, NDLR), je me suis fait mouiller, je n'ai quasiment pas dormi, alors je suis venu ici. C'est bon d'avoir un refuge. "


    À l'arrivée au centre, chacun doit se signaler et décliner son identité à l'équipe du CCAS.

    Un peu avant 11 heures, Virgile pénètre dans la salle, trempé. Il ne s'attendait pas à atterrir ici. Son bateau avait résisté à Gretel. Ce n'est pas le cas cette fois-ci. Son voilier est balancé par la houle en face du Musée maritime. " Il cogne le ponton. Pourtant, je l'avais mieux attaché. Il est foutu, le bateau. " C'est aussi le cas de son voisin de mouillage, un Norvégien bloqué en Calédonie depuis la crise sanitaire. Lui aussi semble avoir tout perdu.


    La salle omnisports Anewy dispose d'une capacité de 350 à 400 personnes.

    Le CCAS aux commandes

    Si, avant, il existait trois centres d'accueil, un au foyer vietnamien et un autre à la salle Veyret, à Rivière-Salée, la ville s'est rendu compte avec l'usage que celui de la salle omnisports était le plus utilisé. " La salle Veyret est toujours disponible en cas de besoin, mais depuis l'an dernier, on n'ouvre plus que Anewy ", indique Valérie Leclerc, directrice du centre communal d'action sociale (CCAS), qui gère le site.

    L'endroit, utilisé environ une fois par an, l'avait été l'année dernière à l'occasion de Gretel. " La salle est bien située, identifiée et accessible pour la population, poursuit Valérie Leclerc, entre Nouville, Ducos, les squats Coca-Cola et de l'Impérial, Montravel et Macadam. Ce sont surtout des gens de ces secteurs qui viennent se mettre à l'abri ici. "

    Ceux qui s'y rendent sont invités à le faire par leurs propres moyens et à se munir de leurs papiers, de vêtements, d'un nécessaire de toilette et de quoi nourrir et changer les bébés, de leurs médicaments et d'une lampe de poche, pour la nuit.

    À l'entrée, le personnel du CCAS contrôle l'identité des arrivants, répond aux questions, propose une natte mais aussi un linge sec ainsi qu'une serviette à ceux qui en font la demande. " Il est possible de se doucher et des toilettes sont à disposition. On sert des boissons chaudes en permanence et on assure aussi deux collations, une ce midi et une ce soir. "

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