- Julien Mazzoni | Crée le 09.07.2026 à 13h56 | Mis à jour le 09.07.2026 à 13h56ImprimerObservation de la vie sous-marine lors d’une sortie en bateau à l’Île des Pins. Photo Archives LNC / Anthony TejeroLe code de l’environnement de la province Sud évolue et instaure une distance minimale d’approche de 3 mètres des tortues en mer, contre 10 auparavant. Une modification qui ne vise pas à assouplir les règles, mais à les rendre plus réalistes et ainsi plus faciles à faire respecter. Explications.
À première vue, on pourrait croire à un assouplissement des règles. Mais c’est tout l’inverse explique la province Sud. L’institution, compétente en la matière, a annoncé le mardi 7 juillet une modification de son code de l’environnement, qui réduit la distance minimale d’approche des tortues marines, qui passe de 10 à 3 mètres.
Jusqu’à présent, le document prévoyait cette distance de 10 mètres sans faire de distinction entre les observations en mer de celles effectuées sur les plages où pondent les tortues. Dans les faits, cette règle était difficilement applicable pour les plongeurs ou les baigneurs, qui pouvaient se retrouver à proximité d’une tortue de manière involontaire.
10 mètres sur les sites de ponte et les plages
La Maison bleue explique donc avoir voulu adapter le texte à la réalité du terrain, afin de diffuser un message plus clair. Il est possible d’observer l’animal, mais il ne faut ni le poursuivre, ni le toucher, ni chercher à s’en approcher volontairement.
Attention, la règle des 10 mètres ne disparaît pas pour autant. Elle continue de s’appliquer sur les plages et les sites de ponte, où les femelles sont particulièrement vulnérables pendant la reproduction. Et bien entendu, les interdictions de faire de la lumière ou d’introduire des chiens sur ces sites restent également inchangées.
Le camping interdit sur certains îlots
L’autre évolution notable concerne la fréquentation des îlots durant la saison de ponte. Désormais, le camping pourra être interdit sur les îlots signalés par un mât portant un drapeau triangulaire blanc. La province souhaite ainsi éviter de fermer systématiquement les îlots au public, mais plutôt protéger les secteurs les plus sensibles la nuit, notamment lorsque les tortues viennent pondre.
Cette évolution s’appuie sur des travaux scientifiques récents consacrés aux tortues grosses têtes. Dans sa thèse soutenue en 2024, le biologiste Hugo Bourgogne a montré que le Grand Lagon Sud constitue un site de ponte majeur, avec une moyenne estimée à 437 nids par an sur les îlots étudiés. Ses recherches ont également permis d’identifier plusieurs îlots concentrant une activité de ponte particulièrement importante, conduisant les chercheurs à recommander des mesures de protection ciblée.
La province annonce par conséquent que Le Guide du lagon sera mis à jour, que de nouveaux supports d’information seront diffusés et que les gardes nature poursuivront leurs actions de sensibilisation auprès des usagers.
Pour rappel, la perturbation intentionnelle d’une tortue marine reste passible d’une amende forfaitaire de 90 000 francs.
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