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    Nouvelle Calédonie
  • Baptiste Gouret | Crée le 23.04.2026 à 16h17 | Mis à jour le 23.04.2026 à 16h17
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    Si les liaisons avec l’île des Pins ont repris fin mars, les vols d’Air Calédonie entre Nouméa et les Loyauté sont suspendus depuis le 2 mars en raison du conflit autour du transfert de la compagnie vers l’aéroport de La Tontouta. Photo Archives LNC / DR
    Alors qu’Air Calédonie a obtenu des banques un report d’échéances, les élus ont accepté, ce jeudi 23 avril, de prolonger en conséquence la garantie d’emprunt accordée par la Nouvelle-Calédonie. Pas de quoi sauver la compagnie, placée en redressement judiciaire il y a dix jours et toujours suspendue à une reprise des vols vers les Loyauté.

    "Simple formalité" ce jeudi 23 avril au Congrès, selon les mots du président du gouvernement, Alcide Ponga. Réunis en séance extraordinaire, les élus ont adopté à l’unanimité une prolongation de la garantie d’emprunt accordée à Air Calédonie, afin de la conformer au report d’échéances de deux ans obtenu par la compagnie auprès des banques concernant deux prêts d’un montant total de 2,72 milliards de francs, contractés en 2016. La mesure faisait partie du vaste plan déployé après les émeutes de 2024 (suppression de 155 emplois, vente d’un avion ATR, etc.) et vise à préserver la trésorerie de la société.

    "Entêtement"

    Reste que cette révision, sans conséquence financière pour la Nouvelle-Calédonie, n’a pas manqué de relancer le débat sur la situation d’Air Calédonie, placée en redressement judiciaire le 14 avril. Après bientôt deux mois de blocage des aérodromes des îles Loyauté par des collectifs d’habitants et de coutumiers opposés au transfert de la compagnie vers l’aéroport de La Tontouta, le dossier "ne progresse pas vers une sortie de crise, mais nous rapproche au contraire chaque jour un peu plus du scénario catastrophe, celui de la liquidation de la compagnie", a alerté Omayra Naisseline, vice-présidente de l’UC-FLNKS et Nationalistes, rappelant au passage la requête formulée par son groupe : le retour "même temporaire" d’Air Calédonie à Magenta.

    "L’entêtement n’est pas une preuve de courage, mais conduit droit vers l’impasse", a-t-elle lancé à l’adresse du président du gouvernement, présent dans l’hémicycle, ajoutant que la responsabilité d’une disparition de la compagnie "incomberait à la majorité".

    Le chef de l’exécutif a rappelé sa position : un retour à Magenta est inenvisageable, car "trop complexe" et onéreux. "Si le transfert a été décidé, c’est justement pour sauver la compagnie, a rétorqué Alcide Ponga. On a mis en place une démarche pour faire comprendre cette opération, mais quand on ne veut pas comprendre, ça abouti à cet entêtement […] Je constate simplement qu’il y a d’autres objectifs qui ont été fixés par les collectifs des îles, je ne peux qu’en être désolé."

    "L’entêtement est du côté de ceux qui continuent de bloquer les aérodromes", a également soutenu Sonia Backès (Intergroupe Loyalistes). Malgré ces divisions sur la méthode à appliquer, les élus se sont retrouvés sur un constat : sans une reprise prochaine des vols vers les Loyauté, le tribunal du commerce pourrait rapidement décider de la liquidation judiciaire d’Air Calédonie. Les dix vols hebdomadaires (huit vers l’île des Pins et deux vers le Vanuatu) réalisées actuellement par la compagnie sont en effet loin de représenter une perspective suffisante aux yeux de la justice.

    La province des Îles "plus en mesure d’assumer" les Évasans

    "Une rencontre a eu lieu hier [mercredi 22 avril, NDLR] entre l’administrateur judiciaire, Air Calédonie et l’Adanc [Agence pour la desserte aérienne de la Nouvelle-Calédonie NDLR], et l’administrateur a failli prononcer la liquidation", a révélé Milakulo Tukumuli (Intergroupe Éveil océanien-Calédonie ensemble), président du conseil d’administration de l’Adanc. Selon l’élu, "le déblocage des aérodromes est nécessaire et fondamental", sans quoi "la compagnie va inexorablement entrer en liquidation".

    Roch Wamytan (UC-FLNKS et Nationalistes) a ainsi proposé de travailler à la mise en place d’un processus de "médiation" piloté par des "personnes expertes" et extérieures afin de "remettre en marche les conditions du dialogue". "Il faut ouvrir un espace de discussions avec les comités", afin de "sortir du statu quo", a renchéri Omayra Naisseline, qui craint une "fracture durable" entre les îliens et les pouvoirs publics.

    En attendant, "nos malades patientent", a regretté Reine Hue (UC-FLNKS et Nationalistes), qui a pointé les "rendez-vous médicaux compromis" par l’absence de liaison aérienne entre les Loyauté et la Grande Terre, que ne "peut pas compenser le transport maritime". L’élue a également indiqué que la province des Îles, dont elle gère le portefeuille de la santé, n’était "plus en mesure d’assumer" les Évasans réalisées dans le cadre du corridor sanitaire mis en place fin mars. "Quelle est la position du gouvernement sur une prise en charge directe et partagée des évacuations sanitaires ?", a-t-elle interrogé. "Si le gouvernement doit tout prendre en charge de A à Z, au bout d’un moment il ne pourra plus rien faire, lui a répondu Alcide Ponga. Il y a trois provinces, chacun doit assumer ses compétences là où il est."

    Attendu par la presse en fin de séance, le président de l’exécutif n’a pas souhaité s’exprimer sur le blocage des aérodromes et la situation financière d’Air Calédonie. Une discrétion sur le dossier qu’entretient Alcide Ponga depuis le début de la crise qui touche la desserte aérienne domestique.

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