- La Calédonie Agricole / Propos recueillis par Vincent Nebois | Crée le 19.07.2026 à 14h00 | Mis à jour le 19.07.2026 à 14h00ImprimerAndrew Bone est agriculteur à Bourail. Photo DR / LCAAndrew Bone, 53 ans, agriculteur en grandes cultures de squash à Bourail, répond aux questions de notre partenaire La Calédonie Agricole, le magazine de la Chambre d'agriculture et de la pêche.
Qu’est-ce qui vous a conduit à exercer ce métier d’agriculteur ?
Mes parents étaient agriculteurs en Nouvelle-Zélande, sur une petite exploitation. À la suite de mes études, le destin a voulu que j’atterrisse en Nouvelle-Calédonie, où j’ai d’abord été employé agricole avant de me lancer comme exploitant en 2006.
Avez-vous autour de vous une connaissance qui a fait figure de modèle ?
Plusieurs me viennent en tête, mais si je ne dois en choisir qu’un, ce sera André Mazurier, à qui je loue les champs que j’exploite, et avec lequel j’ai travaillé ces 30 dernières années, depuis mon arrivée sur le Caillou.
Quelle est votre plus grande source de plaisir dans votre métier ?
Récolter le produit de mes cultures et savoir que l’année a été une réussite. Malheureusement, on ne peut pas dire ça chaque année, loin de là même.
Quel métier auriez-vous aimé faire si vous n’étiez pas agriculteur ?
En fait, j’ai fait des études qui auraient dû me conduire dans des bureaux, mais ce sont justement ces études qui m’ont fait comprendre que je n’étais pas fait pour ça. D’une manière ou d’une autre, j’aurais travaillé dans un secteur en lien avec la nature.
Exercer ce type de métier, c’est dur. Il faut beaucoup s’investir, chercher à innover, mais ce sont aussi des métiers qui peuvent apporter beaucoup de satisfaction.
Qu’aimeriez-vous transmettre à un jeune qui viendrait prendre votre relève ?
Ce qu’on enseigne dans les écoles est souvent un peu utopique. Il y a des réalités du terrain que certaines personnes ne veulent pas entendre ou ne peuvent pas comprendre. Nous avons pourtant la chance d’exercer un métier noble, visant à nourrir la population de manière saine. Exercer ce type de métier, c’est dur. Il faut beaucoup s’investir, chercher à innover, mais ce sont aussi des métiers qui peuvent apporter beaucoup de satisfaction.
Quel est le principal obstacle que vous avez dû affronter jusqu’à présent ?
Le changement climatique est de plus en plus difficile à gérer. Depuis 2020, c’est très compliqué, et les impacts sur la rentabilité de nos exploitations sont mesurables. Devoir nous adapter aux aléas climatiques est notre plus grand défi pour les décennies à venir.
De quoi êtes-vous le plus fier dans votre vie professionnelle ?
Sans aucun doute d’avoir eu l’opportunité et l’honneur de représenter ma profession et mes collègues dans divers organismes, et plus particulièrement d’avoir présidé la Foire de Bourail durant plusieurs années. C’était à la fois un privilège et une responsabilité, car il s’agit de la plus grande vitrine de l’agriculture calédonienne.
J’envisage d’investir dans du matériel capable de réduire ma dépendance aux énergies fossiles, pour mieux maîtriser mes coûts.
Quel regard portez-vous sur votre avenir d’agriculteur ?
Comme je l’ai dit plus tôt, notre plus grand défi sera l’adaptation au changement climatique. J’envisage par exemple d’ores et déjà d’investir dans du matériel capable de réduire ma dépendance aux énergies fossiles, pour mieux maîtriser mes coûts. J’aimerais également que la Nouvelle-Calédonie s’ouvre plus à l’export et être un acteur de ce développement.
En quoi la Chambre d'agriculture et de la pêche vous a été utile ou vous est utile ?
En premier, le service rendu pour nous fournir les engrais. Je sais que c’est parfois très compliqué et j’en profite d’ailleurs pour les remercier. Je remercie également le personnel des antennes et des services. Ils sont souvent un peu oubliés, mais c’est avec eux que les exploitants traitent et à Bourail nous sommes gâtés, ils et elles sont efficaces et adorables.
Quel est votre outil le plus précieux, ou la machine à laquelle vous tenez le plus ?
C’est mon premier tracteur. Il a une vraie valeur sentimentale à mes yeux. Et il marche comme une horloge malgré ses 37 ans.
Avec quelle personnalité calédonienne aimeriez-vous parler de votre métier ?
Je suis peut-être un peu fou, et je vais sans doute surprendre, mais je pense à Martine Cornaille. Même si ses actions pour améliorer les choses sont souvent contre-productives et vont même à l’encontre de l’environnement si on creuse un peu le sujet, j’ai la conviction que nous aurions pas mal de choses à nous dire. [Rires] C’est peut-être ça mon rêve le plus fou finalement.
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