- Made In | Crée le 10.05.2026 à 14h00 | Mis à jour le 11.05.2026 à 09h12ImprimerManon Mondin dans son camion qu'elle a placé devant le parking de la piscine du Ouen ToroÀ seulement 21 ans, Manon Mondin n’a pas attendu la fin de ses études pour se lancer dans la création d’entreprise. Étudiante en master de management à l’Institut d’administration des entreprises (IAE), elle a équipé un camion pour vendre des corn dogs, une spécialité encore peu connue chez nous. Un article de notre partenaire Made In, le magazine de la Fédération des entreprises et des industries de Nouvelle-Calédonie.
Vous êtes encore étudiante, mais déjà entrepreneuse…
Oui. J’ai commencé à travailler dès mes 16 ans. Au début, c’était pour aider, mais j’y ai vite pris goût. En revanche, j’ai aussi compris que je ne voulais pas dépendre de patrons. J’ai toujours su que je voulais entreprendre. Je veux apprendre. Je commence petit, parce que je veux connaître tous les aspects du métier : comptabilité, ressources humaines, relation client… Je pense que, si je veux donner des ordres à un employé, je dois être capable de faire son travail.
Comment est née l’idée ?
J’adore cuisiner. J’avais plusieurs idées, mais je ne savais pas par où commencer. Puis j’ai découvert les corn dogs sur TikTok. J’ai testé chez moi, et je me suis dit que c’était simple à faire et potentiellement rentable. À l’époque, ça n’existait pas en Nouvelle-Calédonie.
Les corn dogs, c’est quoi exactement ?
C’est une spécialité sur bâtonnet, avec une saucisse ou de la mozzarella, enrobée d’une pâte, puis frite. C’est du snacking.

Qu’est-ce qui vous a permis de vous lancer ?
Le programme Pépite de l’université m’a apporté un vrai cadre. Deux fois par semaine, on travaillait sur notre projet avec des cours de marketing, de gestion et de pitch. Ça m’a surtout obligée à avancer et à structurer mes idées. J’ai également remporté le deuxième prix, ce qui m’a permis d’obtenir 240 000 francs, mais le vrai moteur au quotidien reste ma mère. Elle m’a toujours encouragée, surtout moralement, dans les moments de doute.
J’ai surtout dû me débrouiller, faire des choix et des concessions en réduisant certaines dépenses pour pouvoir avancer. Aujourd’hui, ce sont mes clients qui font vivre le projet et me donnent envie de continuer.
Quel investissement cela représente-t-il ?
Au total, près de 4 millions de francs. J’avais déjà économisé environ un million en travaillant depuis mes 16 ans.
Comment avez-vous trouvé le reste du financement ?
J’ai lancé une cagnotte en ligne à laquelle ma famille et mes amis ont participé, ce qui m’a permis de récolter près de 200 000 francs. Leur soutien m’a beaucoup touchée. Ensuite, j’ai surtout dû me débrouiller, faire des choix et des concessions en réduisant certaines dépenses, notamment en communication, ou encore en matériel pour pouvoir avancer. Aujourd’hui, ce sont mes clients qui font vivre le projet et me donnent envie de continuer.
Vous avez rencontré des difficultés ?
Oui, dès le départ. J’ai acheté un camion à 1,9 million, mais il était en mauvais état. J’ai dû payer des réparations importantes. Quand j’ai contacté le vendeur, il m’a dit qu’il était en Thaïlande et que ce n’était pas son problème. J’ai donc dû trouver des solutions par moi-même
Et sur le plan administratif, pas trop de galères ?
Si ! Par exemple, j’ai appris seulement une semaine avant de commencer que je devais obligatoirement me fournir auprès de grossistes. Cela coûte beaucoup plus cher que d’acheter localement ou en magasin, surtout parce que j’achète en petite quantité. C’est frustrant, car mon objectif initial était de travailler avec des producteurs locaux. Mais c’est ce genre d’imprévu qu’il faut apprendre à gérer au quotidien. Et ce n’est qu’un exemple parmi de nombreux autres défis à relever.
Avec le recul, vous referiez les mêmes choix ?
Oui. Je ne prends pas de salaire, c’est difficile, mais j’apprends énormément. Et surtout, je construis quelque chose qui est vraiment à moi.

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