- Julien Mazzoni | Crée le 19.02.2026 à 14h14 | Mis à jour le 19.02.2026 à 15h32ImprimerLe Petit Prince, de Saint-Exupéry, a été traduit en paicî et en iaai. Les deux ouvrages seront officiellement présentés en mars. Une version en drehu est attendue prochainement. Photo Julien MazzoniAteliers, conférence et chorales rythmeront, samedi 21 février, la Journée internationale des langues maternelles. Organisé par l'Académie des langues kanak et le centre culturel Tjibaou, l'événement mettra à l'honneur la diversité linguistique et culturelle du pays, autour du thème "Folklores et constructions".
"Il n’y a pas de langue sans culture, ni de culture sans langue." C’est par ces mots que Weniko Ihage, directeur du centre culturel Tjibaou et de l’Académie des langues kanak, a introduit, ce jeudi 19 février, la présentation de la Journée internationale des langues maternelles, qui sera relayée samedi dans l’enceinte du centre. Un rendez-vous organisé dans un cadre désormais unifié, depuis le rapprochement des deux établissements culturels décidé par le gouvernement.
"Diversité exceptionnelle"
Instituée par l’Unesco, cette journée trouve son origine dans un événement survenu en 1952 au Bangladesh, où des étudiants ont été tués alors qu’ils défendaient l’usage de leur langue maternelle. En Nouvelle-Calédonie, elle s’inscrit dans un contexte de forte diversité linguistique. Weniko Ihage rappelle "une diversité exceptionnelle", citant "vingt-huit langues, onze dialectes et un tayo", le créole de Saint-Louis.

Weniko Ihage, directeur du centre culturel Tjibaou et de l’Académie des langues kanak, et Marcel Unë, chef de cabinet de Mickaël Forrest, membre du gouvernement en charge de la culture. Photo Julien MazzoniSans nier la menace qui plane sur certaines langues fragilisées, le directeur par intérim préfère insister sur l’enjeu de la transmission. "Si on veut que ces langues ne disparaissent pas complètement, il faut continuer ce travail de transmission", explique-t-il, citant notamment le sîchëë, langue parlée dans la région de Bourail-Moindou "pour laquelle il n’y a plus que dix-neuf locuteurs", selon le recensement de 2016. L’Académie des langues kanak et le centre culturel Tjibaou mènent, ajoute-t-il, un travail de recherche, d’archivage et de publication afin de préserver ce patrimoine linguistique.
"Une partie vivante de la culture"
Le thème retenu cette année, "Folklores et constructions", entend interroger les représentations que l’on se fait des langues. "Certaines communautés considèrent cela comme du folklore. Chez nous, c’est une partie vivante de la culture", souligne Weniko Ihage. L’après-midi sera ainsi largement consacré aux chorales, présentées comme des formes d’expression culturelle porteuses d’histoire et de mémoire, et non comme un simple divertissement.
Au-delà des langues kanak, les organisateurs revendiquent une ouverture sur les autres communautés présentes en Nouvelle-Calédonie. Wallisiens et Futuniens, Polynésiens, Antillais ou encore Vietnamiens sont cités, dans une volonté affichée de dialogue et de compréhension mutuelle. "Il faut construire plus de ponts que de murs", martèle le directeur, rappelant la vocation du centre culturel Tjibaou à être un lieu ouvert aux différentes formes d’expression culturelle.
Précieux héritage
Interrogé sur l’importance de l’enseignement des langues auprès des enfants, Weniko Ihage rappelle que la compétence relève à la fois des provinces pour le premier degré et du gouvernement pour le second. Il met en avant les outils développés par l’Académie, notamment la traduction du Petit Prince dans plusieurs langues kanak, comme supports pédagogiques. Le classique de Saint-Exupéry vient d’être édité en paicî et en iaai. Il sera décliné prochainement en drehu. "Maîtriser sa langue maternelle facilite aussi l’apprentissage d’autres langues, comme le français", souligne-t-il, encourageant surtout les parents à transmettre ce précieux héritage.
L’événement, gratuit, sera ouvert à tous les publics et à toutes les langues.
Les temps forts de la journée
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Matinée - Langues, récits et savoirs
8 heures : Coutume de bonjour
8h20 : ouverture officielle de la journée, café et chants d’accueil, avec des "bonjour et bienvenue" dans plusieurs langues maternelles
8h30 : allocutions officielles autour du thème de la journée
9h30 : les langues du Sud à l’honneur, avec l’Association Femmes Dynamique DK
9h45 : animation musicale par le groupe Team Ukulélé
10h15 : contes et langues kanak avec l’association Tâgadé, conteurs du Nord
9h45 : espace d’échanges et de débats, " La littérature orale pour construire le Do Kamo ", animé par Fabrice Wacalie, enseignant-chercheur
11h20 : mythes et légendes de Nöje Drehu, par Giovani Haeweng
Ateliers et découvertes (tout au long de la matinée)
Ateliers d’initiation et de découverte (tressage, sculpture, expression libre)
Gravure sur bambou
Initiation aux langues et aux chants
Visites guidées de la médiathèque (sur inscription)
Stands de documentation linguistique et d’artisanat
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Après-midi – Partage et transmission
13 heures : grande animation chorale et chants, autour du fil conducteur
" Des chants pour apprendre, des chants pour transmettre, des chants pour vivre son identité "16 heures : fin des ateliers, coutume de remerciements et clôture de la journée en chants
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