Nouvelle Calédonie
  • Philippe Frédière et O.P. | Crée le 11.07.2019 à 05h58 | Mis à jour le 11.07.2019 à 05h58
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    POLITIQUE. Le Conseil des ministres a nommé hier soir l’actuel préfet du Val-de-Marne haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie. Il devrait prendre ses fonctions le mois prochain.

    Thierry Lataste ne participera pas au prochain Comité des signataires. Le Conseil des ministres qui s’est tenu hier matin à Paris (mercredi soir tard en Nouvelle-Calédonie) vient de lui désigner un successeur en la personne de Laurent Prévost,l’actuel préfet du Val-de-Marne.Il devrait prendre ses fonctions dans le courant du mois d’août, et il connaît bien les outre- mer.

    Agé de 52 ans, cet énarque a tout d’abord été préfet de la Martinique en 2011où il a dû faire face à de nombreux conflits sociaux. Il y a oeuvré notamment dans la lutte contre la fraude, et sur le thème des alertes cycloniques. C’est aussi à cette époque qu’il a dû travailler avec des indépendantistes, antillais en l’occurrence. Il est à noter que le changement de présidence, de Nicolas Sarkozy à François Hollande, ne l’a pas touché puisqu’il ne faisait pas partie de la traditionnelle valse des préfets. Ce qui laisse à penser qu’il est homme de consensus et qu’il ne politise pas la fonction.

    GESTION DES CRISES

    Toujours en Martinique, il a animé une commission sur le passage de l’île à un statut de collectivité unique. Laurent Prévost est un spécialiste de la Sécurité civile et de la gestion des crises,unservicequ’iladirigéauniveau nationalpendanttroisansauministère del’Intérieur.Bienquecettecompétence soit désormais calédonienne, sa connaissance de ces questions devrait êtreunatoutprécieuxpourlaCalédonie pour peu que la communication soit sereine avec le gouvernement. Depuis 2017, il était préfet du Val-de-Marne, un poste qu’il quittera donc dans les prochaines semaines.

    De son côté, Thierry Lataste, qui a eu 65 ans en janvier, pourrait donc faire valoir ses droits à la retraite, même si l’on devrait probablement le revoir dans certaines missions. Le trait particulier de ce haut fonctionnaire est qu’il aura occupé deux fois les fonctions de haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie. Il y a fait en réalité trois séjours. Le premier de 1991 à 1994 comme secrétaire général du haut-commissariat. Le deuxième de 1999 à 2002 comme haut-commissaire, et le troisième de 2016 à 2019.

    Mais son histoire avec la Calédonie ne se résume pas à ces trois passages. En 1997 et 1998, il était directeur de cabinet du secrétaire d’Etat à l’Outremer Jean-Jack Queyranne, et il a largement participé à la préparation de l’accord de Nouméa. En 2015, il a été directeur de cabinet du président François Hollande. C’est aussi lui qui a eu à gérer le difficile épisode des affrontements de Saint-Louis, au moment de l’Ave Maria, en 2000 et 2001. Il restera aussi le haut-commissaire qui aura réussi à organiser le premier référendum de sortie de l’accord de Nouméa, sans heurt.

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