Nouvelle Calédonie
  • Yann Mainguet | Crée le 13.11.2017 à 07h32 | Mis à jour le 13.11.2017 à 14h41
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    Le Palika a tenu son 42e congrès à Poum, de vendredi à hier, avec Paul Néaoutyine, les cadres et les militants. Outre un debriefing du XVIe Comité des signataires, la paralysie du gouvernement a occupé une partie des débats. Photo DR
    Politique. Pour débloquer le gouvernement, le parti de Paul Néaoutyine demande des engagements. Dont l’ouverture de discussions sur l’avenir institutionnel. Le Palika pense à l’indépendance avec partenariat.

    Le chef de délégation, Paul Néaoutyine, avait développé l’idée à Paris, devant le président de la République, le Premier ministre et les personnalités politiques calédoniennes, lors du XVIe Comité des signataires. Les responsables du parti détailleront le projet, mercredi, face aux médias. Le Palika est prêt à discuter de l’accession du pays à l’indépendance avec partenariat. Le 42e congrès du mouvement, clôturé hier à Poum, a chargé ses cadres d’entamer les pourparlers dans les prochains jours. Dans cette extrémité de la Grande Terre ce week-end, à un an de la consultation, l’objectif de souveraineté a été réaffirmé, un combat mené depuis la création du Parti de libération kanak en 1976. Une motion adoptée porte ainsi sur la mobilisation et le programme d’actions sur le terrain durant l’année à venir. Un élan avec le FLNKS.

    « Faire bouger les choses »
    Dès aujourd’hui, une urgence pointe en Nouvelle-Calédonie : « On ne peut pas continuer comme cela, il faut essayer de faire bouger les choses », explique Jean-Pierre Djaïwé, nommé co-porte-parole avec Charles Washetine. « Le congrès (du Palika, NDLR) demande à ses responsables de prendre des initiatives pour essayer de débloquer la situation au gouvernement. Mais il faut qu’il y ait des engagements des uns et des autres ». Déjà, au Comité des signataires, selon l’ancien maire de Hienghène, des résolutions ont été prises en faveur de la poursuite des discussions sur un certain nombre de points. Comme l’article 27 de la loi organique, l’Agence de développement rural et d'aménagement foncier (Adraf), ou encore la stratégie nickel. En outre, « sujet important, les discussions sur l’avenir institutionnel », observe Jean-Pierre Djaïwé. Encore une fois, « le congrès a demandé à ses responsables d’entreprendre des démarches auprès des représentants politiques non-indépendantistes ». L’idée ? « Il y a possibilité de débloquer la situation au gouvernement, toutefois il faut des engagements qui soient donnés pour pouvoir vraiment lancer les discussions sur l’avenir institutionnel ». Sur ce chapitre, le Palika propose un projet : l’indépendance avec partenariat. Pour le parti de Paul Néaoutyine, compte tenu du niveau de compétences de la Nouvelle-Calédonie, cette option pourrait se placer au centre de la table des pourparlers entre indépendantistes et loyalistes, le partenariat pouvant être établi avec la France. « On ne peut pas rester chacun sur nos positions » juge le co-porte-parole. « Il faut en discuter », avant octobre ou novembre 2018. Les ténors de la plateforme, présents au Comité des signataires en début de mois, connaissent certainement la proposition. Quelle sera leur attitude désormais avant l’arrivée du Premier ministre Edouard Philippe le 2 décembre ?

     

     

    Un rapport de 2013 décrit ce lien privilégié

    La pleine souveraineté avec partenariat est une des quatre hypothèses d’aboutissement de l’accord de Nouméa listées par Jean Courtial et Ferdinand Mélin-Soucramanien, dans leur rapport intitulé « Réflexions sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie », publié en octobre 2013. « Dotée de sa propre Constitution, de la « compétence de sa compétence », la Nouvelle-Calédonie ne serait nullement placée dans une situation de subordination dans sa relation avec la France. Ce qui signifie, concrètement, que la Nouvelle-Calédonie deviendrait un État souverain, pourvu d’un siège à l’Assemblée générale des Nations-Unies, délivrant des passeports à ses ressortissants et dont les relations avec la France seraient des relations d’État à État. Le maître-mot des relations entre ce nouvel État souverain et la République française serait l’égalité qui, en droit tout au moins, caractérise les relations interétatiques dans l’ordre juridique international ».

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