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    Nouvelle Calédonie
  • Julien Mazzoni | Crée le 28.05.2026 à 08h57 | Mis à jour le 28.05.2026 à 08h58
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    À Ko We Kara, mercredi 27 mai en début de soirée, l’ancien journaliste et dirigeant de France Télévisions Walles Kotra a officiellement lancé la liste « Une province pour tous », soutenue notamment par Calédonie ensemble et le sénateur Georges Naturel, dans une ambiance océanienne. Photo Julien Mazzoni
    C’est le site de Ko We Kara qu’a choisi mercredi 27 mai l’ancien journaliste Walles Kotra pour lancer officiellement la liste "Une Province pour tous", soutenue notamment par Calédonie ensemble et le sénateur Georges Naturel. Appel à l’apaisement, critique de la polarisation politique et défense du processus de décolonisation… La nouvelle formation veut se faire une place dans un centre politique fragmenté, à un mois des provinciales.

    Sous la grande charpente de Ko We Kara, l’entrée de Walles Kotra, mercredi 27 mai, avait des allures de show à l’américaine. Ou plutôt à l’océanienne : danses de Lifou, de Wallis-et-Futuna, airs d’ukulélé, colliers de fleurs et slogans appelant à "Une Province pour tous". "Je vous demande de vous lever et de faire un maximum de bruit pour la tête de liste !", lance l’animatrice aux centaines de personnes qui ont pris place depuis plus d’une heure dans la salle. Quelques secondes plus tard, l’ancien journaliste de RFO puis dirigeant de France Télévisions traverse sous les applaudissements et les regards, notamment du sénateur Georges Naturel, pressenti pour occuper la troisième position sur la liste.

    Le choix du site n’est pas anodin. Dans un lieu fortement associé aux rassemblements culturels et coutumiers, la nouvelle formation affiche sa volonté de parler au-delà des clivages. Dans le public, plusieurs figures du monde associatif, des coutumiers de Drubea-Kapumë et de Wallis-et-Futuna, mais aussi des cadres – et anciens cadres – de Calédonie ensemble.

    "Je ne reconnais plus mon pays"

    "Je ne reconnais plus mon pays", lance d’emblée Walles Kotra dans un discours davantage tourné vers le diagnostic politique que vers les compétences purement provinciales. "J’ai mal à mon pays", poursuit-il, évoquant "un pays qui a peur", "un pays qui a faim" et une société où "le barrage est presque devenu un symbole de notre époque. Barrage sur les terrains et surtout barrages dans nos têtes."

    L’ancien patron des programmes de France Télévisions cible surtout la polarisation politique née, selon lui, des années référendaires et aggravée depuis les violences de 2024. "Nous passons notre temps à nous diaboliser les uns les autres", estime-t-il, dénonçant les "archétypes et caricatures de la colonisation".


    Walles Kotra, tête de liste de « Une province pour tous », lors du lancement de campagne à Ko We Kara. L’ancien journaliste et dirigeant de France Télévisions a défendu un discours centré sur l’apaisement, le « destin commun » et la poursuite du dialogue institutionnel. Photo Julien Mazzoni

    Le candidat cherche ainsi à occuper un espace politique devenu étroit entre les blocs indépendantiste et non-indépendantiste, dans un "centre" déjà éclaté avec plusieurs listes concurrentes. Mais "je ne suis pas Calédonie ensemble", insiste Walles Kotra, qui revendique son alliance avec Georges Naturel, les militants de CE et "des personnalités de la société civile", dont l’historien Louis-José Barbançon.

    Poursuite du processus de décolonisation

    Le discours prend ensuite une dimension plus sensible, lorsqu’il évoque l’avenir institutionnel. Walles Kotra y défend explicitement la poursuite du processus de décolonisation engagé par les accords de Matignon et de Nouméa, tout en reconnaissant la légitimité du maintien du lien avec la France. "Tant que le peuple kanak réclamera son indépendance, il n’y aura pas de stabilité dans le pays", affirme-t-il, avant d’appeler à "revisiter" progressivement la relation entre la Nouvelle-Calédonie, la France et l’Europe. C’est l’idée d’un nouveau partenariat à écrire avec la France qui est mise en avant pour achever le processus de décolonisation.

    Dans une ambiance attentive, parfois religieusement silencieuse lors des passages les plus politiques, le candidat déroule finalement les trois axes de sa campagne : "une province pour tous", 'un pays solidaire" et "un avenir partagé".

    Reste à présent à savoir si cette tentative de recomposition autour du "destin commun" trouvera son électorat dans une campagne provinciale pour l’instant dominée par les questions de sécurité, de reconstruction économique et de rapports de force institutionnels.

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