- Julien Mazzoni | Crée le 26.05.2026 à 11h03 | Mis à jour le 26.05.2026 à 11h03ImprimerAtelier de confection de serviettes lavables au CMS de La Foa avec la participation de l’internat provincial. Photo Province SudLa province Sud relance son appel à projets contre la précarité menstruelle. Au travers de cette démarche, l’enjeu est également de faire tomber un tabou encore bien ancré autour des règles, par des actions de sensibilisation, d’accompagnement et d’accès aux protections hygiéniques.
Associations, établissements scolaires, communes ou structures médico-sociales, vous avez jusqu’au 30 juin pour déposer votre candidature. La province Sud vient de lancer la quatrième édition de son appel à projets consacré à la lutte contre la précarité menstruelle. Les actions retenues seront mises en œuvre en 2027.
La Maison bleue souligne les "difficultés persistantes d’accès aux protections hygiéniques" pour "de nombreuses femmes et jeunes filles". Une situation qui a des conséquences sur la santé, la scolarité, la vie sociale ou encore l’insertion professionnelle.
La province Sud rappelle notamment qu'"une étudiante sur deux pourrait être concernée" par cette précarité menstruelle. Dans un guide disponible sur son site Internet, la collectivité estime également qu'"au moins une jeune sur trois" en Calédonie a déjà connu une situation de précarité menstruelle.
"Les règles ne sont pas sales"
Outre l’accès aux protections, la province insiste également sur le poids des tabous autour des menstruations et tente, au travers de campagnes de sensibilisation, de banaliser le sujet et de déconstruire certaines idées reçues. "Pour lutter contre ce tabou qui pèse sur les femmes, n’ayons plus honte d’en parler. Les règles ne sont pas sales", peut-on notamment y lire.
Le guide publié par la province évoque aussi les conséquences de cette précarité : absentéisme scolaire, difficultés d’accès à l’emploi, repli sur soi ou encore recours à des solutions de fortune faute de moyens suffisants.
La collectivité estime, par ailleurs, qu’une femme peut dépenser jusqu’à 1,3 million de francs au cours de sa vie pour ses protections menstruelles.
Ateliers, protections gratuites et actions locales
Les projets soutenus pourront porter sur plusieurs axes allant de l’amélioration de l’accès aux protections hygiéniques à la sensibilisation à la santé intime, en passant par la lutte contre les tabous ou encore la promotion des protections réutilisables.
Parmi les exemples d’actions déjà menées dans le cadre de précédents appels à projets, on peut citer des ateliers de confection de serviettes lavables à l’internat de La Foa (photo), la fabrication de protections réutilisables dans des établissements scolaires ou encore le dispositif "Menstru’Elles" lancé à Bourail.
Figurent également dans les pistes proposées aux porteurs de projet l’installation de distributeurs de protections gratuites, des collectes solidaires, des campagnes d’information ou l’adaptation des sanitaires dans les établissements accueillant du public.
Le formulaire de candidature sera disponible à partir du 28 mai sur le site internet de la province Sud.
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