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    Nouvelle Calédonie
  • Propos recueillis par Jean-Frédéric Gallo | Crée le 02.08.2018 à 04h25 | Mis à jour le 02.08.2018 à 05h42
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    Il est loin le temps où Aircalin louait un avion pour lancer sa première ligne. Pour les 35 ans de la compagnie, Didier Tappero, directeur général, revient sur les défis relevés et évoque ceux à venir.

    Les Nouvelles calédoniennes : A quoi ressemblait Aircalin, il y a 35 ans ?

    Au départ, c’est une initiative privée qui a permis la création de la compagnie. Mais très rapidement les pouvoirs publics ont souhaité s’y associer. L’idée était de doter la Calédonie d’une compagnie aérienne pouvant répondre à un certain nombre de missions régionales.

    Comment jugez-vous son évolution ?

    Il s’est passé beaucoup de choses durant ces 35 années. Je pense qu’aujourd’hui, si l’on devait recréer une compagnie aérienne, ce serait beaucoup plus difficile avec le poids de la réglementation qui s’est considérablement accru. Il nous faut à présent répondre à des normes rigoureuses. Nous sommes une compagnie française et nous suivons donc la réglementation européenne.

    Nous travaillons sur la destination Chine.

    Et comment décririez-vous votre compagnie aujourd’hui ?

    C’était une petite compagnie qui a tout créé et qui, au fur et à mesure des années, a su évoluer. Nous sommes aujourd’hui structurés comme une petite compagnie européenne. Il faut avoir une base fixe importante pour répondre à tous les critères demandés. Il y a des exigences financières et celles de la clientèle. Le challenge dans les années futures sera d’assurer notre développement. C’est essentiel pour nous. Il faut gréer nos avions en équipage, certes, mais nous gardons la même structure, la même base. Cette base-là, il a fallu 35 ans pour la construire.

    Et lorsqu’on dirige une compagnie aérienne, comment choisit-on les liaisons que l’on assure ?

    J’ai une grille d’analyse sur le long-courrier qui se résume en trois points. Le premier, c’est le potentiel touristique pour la Calédonie. Car le marché calédonien ne suffit pas. Il ne représente que 45 à 50 % des passagers d’Aircalin. Il faut donc une clientèle touristique ou d’affaires. Le deuxième point, c’est de vérifier les connexions intéressantes avec la France et l’Europe.

    Le troisième point est ce que l’on appelle l’effet « Hub ». Le but étant de savoir si cela permet aux Calédoniens de rejoindre plusieurs autres destinations.

    Quelle pourrait être la prochaine ?

    Nous travaillons sur la Chine. Hong Kong ou Shanghai. Rien n’est encore acté. Mais dans ce dossier, il n’est pas question de travailler seul. Nous avançons avec les organismes en charge de la promotion touristique en Calédonie. Ça ne se fait pas en quelques semaines. Nous sommes en phase d’étude. Il faut également savoir que ce sont des aéroports très difficiles en termes de « slot » (créneaux horaires accordés aux compagnies aériennes par les aéroports pour qu’elles puissent poser leurs avions, NDLR). De toute façon, ceci ne se fera qu’avec la nouvelle flotte. Il faudra attendre jusqu’en 2019 pour voir les A330 Neo atterrir en Calédonie et jusqu’en 2020, puis en 2021 pour les A320 Neo.

    Comment se porte la compagnie aujourd’hui ?

    Aircalin a connu des périodes difficiles, rien n’est gagné. Mais la compagnie est depuis quatre ans dans un équilibre économique avec trois exercices bénéficiaires. Certes, modeste, mais c’est important pour nous d’avoir démontré qu’Aircalin était en capacité de gagner sa vie. Contrairement à ce qui se dit, ça ne s’est pas fait en augmentant les tarifs. Il y a plutôt eu des baisses de tarifs. Nos recettes unitaires, c’est-à-dire la contribution par passager, baissent. Comment nous y sommes arrivés ? En augmentant de plus de 12 % notre taux d’occupation par avion en quatre années.


    Repères

    Dix destinations sont assurées en direct par Aircalin. Avec 32 compagnies partenaires, ce sont au total 100 destinations qui sont proposées au départ vers cinquante pays.

    479 salariés composent l’effectif d’Aircalin en Calédonie. A l’étranger, 69 personnes travaillent également pour la compagnie.

    18 milliards de chiffre d’affaires. C’est le résultat de la compagnie en 2017. Une satisfaction puisque cela est synonyme de bénéfices.

     

     

    89 milliards de francs

    C’est le montant de la commande, au prix « catalogue » d’Airbus, pour un A320 Neo et un A330-900 Neo. Ce prix « catalogue » sert de base aux négociations. Le véritable montant de la transaction est largement inférieur.

     

     

    Repères

    Vous avez dit monopole ?

    La réponse de Didier Tappero est sans détour : « Il n’y a pas de monopole de droit. Les Australiens, les Néo-Zélandais et les Japonais peuvent venir. Rien ne s’y oppose. On ne nous demande d’ailleurs pas notre avis. Les compagnies aériennes étrangères n’ont pas besoin de nous pour faire leur business plan. La question qu’il faut leur poser, c’est pourquoi elles ne viennent pas. Car c’est un petit marché à la rentabilité aléatoire.Les coûts d’exploitation aérienne, ici, sont plus importants. Je pense que ça changera à l’avenir. »

     

    Pourquoi une nouvelle flotte ?

    « C’est le futur de la compagnie. Ces nouveaux avions sont indispensables. Vous pouvez rouler avec une voiture qui a 10 ou 20 ans vous-même en toute sécurité. Mais pour rouler avec une voiture de 25 ans, vous allez passer beaucoup de temps au garage. Nos avions sont très bons. Mais ils datent de 2002. Le changement n’est pas un luxe. C’est une nécessité absolue.»

     

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