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    Nouvelle Calédonie
  • Anthony Tejero avec AFP | Crée le 07.05.2026 à 07h53 | Mis à jour le 07.05.2026 à 08h31
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    Une délégation du FLNKS, conduite par son président Christian Tein, a été reçue lundi 4 mai par le Premier ministre du Vanuatu, Jotham Napat, dans le cadre d'un forum économique organisé à Port-Vila. Photo Facebook FLKNS Kanaky
    A l'occasion d'un déplacement à Port-Vila, qui fait polémique, le président du FLKNS Christian Tein a réaffirmé le soutien de son mouvement à la revendication du Vanuatu sur les îles Matthew et Hunter, actuellement sous le giron français, dans un entretien accordé au journal Daily Post. 

    Matthhew et Hunter, deux confettis d'une surface inférieure à un kilomètre carré, perdus dans le Pacifique. Sauf que ces îles inhabitées font l'objet de tensions diplomatiques entre le Vanuatu et la France depuis de longues décennies. L'enjeu principal de leur souveraineté : élargir nettement la zone économique exclusive (ZEE) de leur propriétaire. Pour rappel, ces deux territoires volcaniques distants de 70 kilomètres appartiennent officiellement à la France depuis 1976, ce qui par conséquent, permet à la Nouvelle-Calédonie de détenir une ZEE d'environ 350 000 kmsupplémentaires (sur une superficie totale de 1 740 000 km2). 

    Sauf que depuis son indépendance, en 1980, le Vanuatu conteste la souveraineté de ces terres, qui se trouvent du côté de la plaque géologique dite de l'arc des Nouvelles-Hébrides et qui sont revendiquées coutumièrement par la province de Taféa, dans le sud de l'archipel vanuatais.

    Un bras de fer diplomatique vieux donc de plus de 45 ans, qui a fait l'objet de l'ouverture d'une nouvelle phase de négociations entre les deux Etats, fin novembre 2025, à Port-Vila, en vue de trouver un consensus sur la question des frontières maritimes. Pour autant, dès le mois de décembre, Paris a démenti vouloir renoncer à sa souveraineté.

    Si Matthew et Hunter restent à ce stade françaises, appartenant donc à la Nouvelle-Calédonie, le mouvement indépendantiste du FLNKS conteste lui aussi cette légitimité, soutenant le Vanuatu dans cette démarche. Et ce, depuis 2009 à travers l'accord dit de Kéamu signé par le Premier ministre vanuatais de l'époque, Edward Natapei, et le porte-parole du FLNKS, Victor Tutugoro. 

    "Nous sommes Mélanésiens, nous nous comprenons"

    Quinze ans plus tard, la ligne du Front n'a vraisemblablement pas bougé. Dans un entretien au quotidien vanuatais Daily Post, publiée ce mercredi 6 mai, le président du mouvement indépendantiste, Christian Tein souligne que son organisation "a toujours maintenu sa position selon laquelle Matthew et Hunter appartiennent au peuple du Vanuatu". Le leader du FLNKS estime que le litige territorial serait "plus facile" à résoudre si la Nouvelle-Calédonie accédait à l'indépendance. "Nous sommes des Mélanésiens et nous nous comprenons", a-t-il déclaré, avant de poursuivre : "nous partageons les mêmes liens culturels et traditionnels, et nous avons le même sang dans les veines. "


    Matthew et Hunter sont situés à environ 300 kilomètres au sud de la plus méridionale des îles de l'archipel du Vanuatu et à plus de 400 kilomètres à l'est de la Grande Terre.  Capture d'écran Wikipedia

    Christian Tein est arrivé, lundi 4 mai, à Port-Vila, à la tête d'une délégation du FLNKS pour participer à un forum organisé à Port-Vila afin de renforcer la coopération économique avec la Nouvelle-Calédonie, dont le gouvernement n'a, en revanche, pas été convié. Sur le Caillou, cette invitation a suscité l'indignation d'une partie de la classe politique et de l'opinion publique. "Un manque de respect", selon Christopher Gygès, membre de l'exécutif en charge du commerce extérieur, qui annonce suspendre tous les travaux relatifs à l'accord de coopération commerciale entre les deux territoires.

    Pour autant, la présence du FLNKS n'est pas forcément surprenante. L'État vanuatais est un allié historique de la cause indépendantiste. Il a joué un rôle clé en 1986 pour la réinscription du territoire calédonien sur la liste de l'ONU des entités non autonomes. Sa capitale abrite le siège du Groupe du fer de lance mélanésien, une organisation créée en 1988 pour soutenir l'accession de la Nouvelle-Calédonie à l'indépendance.

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